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Le médecin a-t-il prescrit trop de morphine ? Il risque un an de prison avec sursis

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Par , France Bleu Normandie (Calvados - Orne)

En 2012, un médecin de Fleury-sur-Orne (Calvados) avait prescrit une forte dose de morphine à une patiente qui se plaignait du dos. Retrouvée inanimée le 6 décembre, elle est morte le 10. Le médecin jugé ce mardi pour mise en danger de la vie d'autrui risque un an de prison avec sursis.

Huit ans après les faits, un médecin de 63 ans est jugé pour mise en danger de la vie d'autrui après la mort d'une femme en 2012.
Huit ans après les faits, un médecin de 63 ans est jugé pour mise en danger de la vie d'autrui après la mort d'une femme en 2012. © Radio France - Nolwenn Le Jeune

Le 4 décembre 2012, victime d'importantes douleurs au dos, une jeune femme de 30 ans va voir un médecin de Fleury-sur-Orne. Médecin qu'elle ne connait pas, le sien ayant pris sa retraite. Âgé de 63 ans, il estime l'avoir examiné correctement. "J'ai appelé la pharmacie pour savoir si elle avait déjà pris de la morphine et vu sur sa carte vitale qu'elle était en affection de longue durée". Mais cette ALD n'est pas précisée, il pense qu'il s'agit des douleurs aux dos, il s'agit en fait d'une dépression. Il lui prescrit donc un traitement opiacé pendant 28 jours. La patiente décède six jours plus tard au CHU de Caen. 

Suspension de 6 mois par le conseil d'ordre des médecins

L'enquête, qui a démarré suite à la plainte de la maman, a d'abord permis d'établir que la jeune femme n'était pas morte d'une surdose de morphine, mais parce que ça a été combiné à la prise d'un autre médicament. L'enquête a également révélé que le médecin recevait des patients toxicomanes et leur prescrivait de la morphine, hors de tout protocole de soin. Une dizaine ont été entendus dans le dossier. A plusieurs reprises, la CPAM lui avait écrit pour l'avertir du "nomadisme médical" de ces patients. Entre temps, le conseil de l'ordre des médecins l'a suspendu pendant six mois, condamnation confirmée en appel en 2014. 

Les médecins généralistes face à des patients difficiles parfois agressifs

"Mon exercice est basé sur l'empathie mais pas sur la complaisance, explique-t-il à la barre du tribunal, de la bienveillance, pas du laxisme". Il estime avoir toujours pris toutes les précautions. Concernant la patiente décédée, "tout était cohérent, l'entretien, l'examen clinique, l'ordonnance". Pour les autres "je pense avoir traité une population difficile, agressive, parfois violente, avec les moyens d'un généraliste". "Personne n'a envie de voir un punk à chien dépendant dans sa salle d'attente, s'emporte Nathalie Rivière son avocate, mais que fait-on de ces gens là, qui s'en occupe ?" Elle a fait citer plusieurs médecins et pharmaciens qui témoignent à la barre du professionnalisme de son client. 

Ligne blanche franchie par légèreté, négligence ou complaisance

"On ne lui reproche pas d'être un mauvais médecin", répond le procureur. Mais d'avoir franchi une ligne blanche par "légèreté, négligence ou complaisance, poursuit Jean-Pierre Triaulaire. On peut entendre que c'est difficile de dire non à certains patients, mais ça ne gomme pas la responsabilité du praticien". "Celui qui devait aider cette jeune femme lui a fait courir un risque mortel" abonde Gabriel Sibout, l'avocat de la maman. Le tribunal rendra sa décision le 5 janvier 2021 à 8h30. 

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