Faits divers – Justice

Le meurtre sordide de Léa jugé en appel devant la cour d'assises de l'Aude

Par Salah Hamdaoui, France Bleu Hérault et France Bleu lundi 23 janvier 2017 à 6:00

Léa avait 17 ans
Léa avait 17 ans

Le procès en appel de Gérald Seureau s'ouvre ce lundi devant la cour d'assises de l'Aude. Il est accusé du viol et du meurtre de Léa le jour de l'an 2011 à Montpellier. Un crime particulièrement sordide pour lequel il a été condamné à la perpétuité assortie d'une peine de sûreté de 20 ans.

Nous sommes le 31 décembre 2010 : des jeunes fêtent ensemble le réveillon de la Saint-Sylvestre dans une villa du Plan des quatre seigneurs à Montpellier. Parmi eux, Léa, 17 ans, et Gérald Seureau, 24 ans, qu'elle connait à peine. Tous deux boivent beaucoup et prennent des amphétamines.

Vers 6 heures du matin, ils s'éclipsent. Gérald Seureau réapparait huit heures plus tard. Seul, le teint pâle, le t-shirt déchiré, son treillis maculé de sang et les mains pleines de terre, il raconte qu'il a perdu la trace de Léa place de la Comédie au petit matin avant de se faire agresser par des inconnus.

Violée et battue à mort

Le jour même, le père de Léa signale à la police la disparition de sa fille. Dans la soirée, Gérald Seureau est placé en garde à vue. Il craque, avoue et accepte d'emmener les enquêteurs sur les lieux du crime.

Dans un bosquet, pas très loin de la villa, gît le corps de Léa. Complètement dénudé, face contre terre et d'innombrables traces de blessures qui témoignent de terribles violences. Juste à côté, se trouve la gourmette de Gérald Seureau.

Gérald Seureau lors du 1er procès à Montpellier - Maxppp
Gérald Seureau lors du 1er procès à Montpellier © Maxppp -

Un nazillon adepte du sado-masochisme

Lors du premier procès, l'accusé a reconnu l'avoir battue à mort. Il a tout juste admis l'avoir violée.

Il a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une peine de sûreté de 20 ans.

Gérald Seureau est présenté comme un nazillon adepte des pratiques sadomasochistes, fan de musique black metal qui fait l'apologie de la haine et de la violence. "En six ans c'est un homme qui a changé, cette image n'est plus du tout la sienne", indique son avocat Me Luc Abratkiewicz.

"Son crime est terrible, épouvantable. Il devra tout assumer et c'est vertigineux de devoir assumer cette responsabilité."

Me Abratkiewicz, l'avocat de l'accusé

Une semaine horrible pour la mère de Léa

Le procès en appel s'ouvre ce lundi après-midi devant la cour d'assises de l'Aude à Carcassonne. Une épreuve terrible pour Karine Bonhoure, la mère de Léa.

"Il faut se replonger dans l'horreur, c'est une source d'angoisse de savoir que je vais retraverser tout ça. Je voudrais que la peine soit confirmée."

Karine Bonhoure, la mère de Léa

"L'accusé a beau avoir changé, ce qui reste c'est l'horreur de ce qu'il a fait", renchérit Me Marc Gallix, l'avocat de la mère de Léa.

"Cette affaire est hors-norme. Léa n'a pas été tuée, elle a été violée, massacrée. C'est un dossier marquant a cause de l'atrocité des faits et du traumatisme de la famille."

Me Gallix, l'avocat de la mère de Léa

Le verdict doit être rendu vendredi 27 janvier.