Faits divers – Justice

Deux fois plus de noyades cet été dans le Finistère

Par Jean Saint-Marc, France Bleu Breizh Izel lundi 14 septembre 2015 à 3:12

Des sauveteurs en mer en formation (photo d'illustration)
Des sauveteurs en mer en formation (photo d'illustration) © Radio France - Christophe Lurie

Onze personnes sont mortes noyées entre le 1er janvier et le 3 septembre 2015 sur les côtes finistériennes. C'est près de deux fois plus que l'an dernier à la même époque (six personnes mortes noyées entre le 1er janvier et le 11 septembre). La hausse est tout aussi dramatique en Île-et-Vilaine.

La préfecture du Finistère a comptabilisé 21 noyades entre le 1er janvier et le 3 septembre cette année. Certaines personnes ont été secourues mais onze personnes sont mortes en mer sur le littoral finistérien. C'est près de deux fois plus que l'an dernier à la même époque : le 11 septembre la préfecture avait comptabilisé  treize noyades et six décès.

La tendance est similaire en Île-et-Vilaine : il y a eu douze décès par noyade cette année entre le 1er janvier et le 31 août contre six seulement l'an dernier à la même époque. Les préfectures du Morbihan et des Côtes-d'Armor n'ont elles pas souhaité communiquer ces chiffres. 

Ces chiffres sont tragiques.. Ils le seraient bien plus encore sans l'action des sauveteurs en mer. France Bleu Breizh Izel a rencontré l'un d'eux, François Mic. A 89 ans cet ancien membre de la SNSM a sauvé dans sa vie 46 personnes... Et ramené 17 corps. 

"A chaque fois que je ramenais un noyé à sa famille, le docteur me donnait des calmants"

"Mon premier sauvetage, je l'ai fait à neuf ans. Un monsieur qui criait au secours, il m'insultait en breton : 'marmouz bihan! [petit singe], tu ne vois pas que je me noie !'. Je l'ai ramené à terre, et il m'a engueulé encore car je n'étais pas allé assez vite", raconte ce marin-pêcheur retraité. 

Dans ses souvenirs sont aussi très présents ceux qu'il n'a pas pu sauver : "à chaque fois que je ramenais un noyé à sa famille, le docteur me donnait des calmants. C'est sûr que ça fout un coup !" explique cet homme touché directement par un drame : son petit-fils s'est noyé il y a deux ans, il n'a pas réussi à le sauver.

  • Portrait signé Morgane Schertzinger