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Faits divers – Justice

Le patron de Facebook s'excuse après le scandale sur l'utilisation illégale des données personnelles

jeudi 22 mars 2018 à 8:26 Par Germain Arrigoni, France Bleu

Sortant d'un long silence, le patron de Facebook Mark Zuckerberg s'est enfin dit "désolé" et a reconnu des "erreurs" après des jours de polémique autour de l'utilisation indue de données personnelles de millions d'utilisateurs par la firme britannique Cambridge Analytica.

Mark Zuckerberg, le patron de Facebook
Mark Zuckerberg, le patron de Facebook © Maxppp -

"Cela a constitué un abus de confiance très important et je suis vraiment désolé de ce qui s'est passé. Notre responsabilité est de faire en sorte que cela ne se reproduise pas", s'est excusé Mark Zuckerberg dans une interview mercredi soir sur la chaîne CNN.

Alors même que le scandale devenait retentissant, la patron de Facebook était pourtant resté silencieux ces derniers jours avant de rompre son silence plus tôt mercredi via une publication sur sa page Facebook. Il y reconnaissait "des erreurs" et sa "responsabilité dans ce qui se passe", mais sans s'excuser. 

Limiter l'accès aux données personnelles par les applications tierces

Il a aussi promis de limiter l'accès aux données personnelles par les applications tierces - comme celle qui est mise en cause dans le scandale qui éclabousse le réseau social - et de les passer au peigne fin. Il a également promis d'informer tous les utilisateurs dont les données auraient pu être utilisées sans leur consentement. 

Facebook est dans la tourmente depuis que Cambridge Analytica (CA) est accusée d'avoir récupéré à leur insu les données de 50 millions d'utilisateurs pour élaborer un logiciel permettant de prédire et d'influencer le vote des électeurs, afin de peser dans la campagne présidentielle de Donald Trump en 2016. 

CA aurait profité d'une application tierce, "Thisisyourdigitallife", développée par le chercheur russe Alexandre Kogan, pour récupérer ces données, exploitant, selon un ancien cadre de Facebook, une faille dont le réseau social était au courant. 

Facebook indique pour sa part avoir appris en 2015 que M. Kogan avait fourni ces données à CA et que le chercheur lui avait certifié alors que les données avaient été effacées, ce qui s'est révélé faux. 

Plaintes déposées

L'affaire pourrait coûter gros au roi des réseaux sociaux : des cabinets d'avocats américains ont annoncé mercredi avoir déposé des plaintes et recours en nom collectif (class action) au nom de citoyens et d'actionnaires, et Facebook affrontait une campagne d'appels à se désabonner (#deletefacebook). 

L'action Facebook, qui avait chuté lundi et mardi, a stoppé sa baisse néanmoins à la Bourse de New York mercredi.  Mis en cause dans le scandale, le développeur de "Thisisyourdigitallife", Alexandre Kogan, s'est défendu mercredi d'avoir agi illégalement, accusant CA et Facebook de vouloir se défausser sur lui. 

Aux Etats-Unis, les procureurs de New York et du Massachusetts, imités par le régulateur américain du commerce (FTC), ont lancé une enquête.