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Faits divers – Justice

Le père d'un Nordiste condamné à mort en Irak demande son rapatriement : "On l'envoie à l'abattoir"

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Par , France Bleu Nord, France Bleu

Un habitant de Villeneuve d'Ascq, près de Lille, en appelle au gouvernement. Le père de Vianney Ouraghi demande le rapatriement de son fils en France. Âgé de 28 ans, il fait partie des onze Français condamnés à mort, en Irak, pour appartenance à l'Etat islamique.

Vianney Ouraghi, ici en Syrie en 2015, a été condamné à mort le 3 juin en Irak. Il s'est radicalisé dans la métropole lilloise, et se faisait appeler "Abdel Adel"
Vianney Ouraghi, ici en Syrie en 2015, a été condamné à mort le 3 juin en Irak. Il s'est radicalisé dans la métropole lilloise, et se faisait appeler "Abdel Adel" - Photo fournie par la famille

Villeneuve-d'Ascq, France

A Villeneuve d'Ascq, dans la métropole lilloise, un père de famille tente de se faire entendre. Jamel Ouraghi demande le rapatriement de son fils, Vianney, détenu en Irak. Le jeune homme, âgé de 28 ans, fait partie des onze Français, dont deux Nordistes, condamnés à mort là-bas, au début du mois de juin 2019, pour appartenance à l'Etat islamique.

Vianney Ouraghi s'est converti à lslam, alors qu'il a grandi dans une famille athée. Son père est convaincu qu'il a été radicalisé, embrigadé par des recruteurs dans la métropole lilloise. En 2013, il a quitté la France, s'est rendu en Syrie, en expliquant qu'il y allait pour des raisons humanitaires, pour aider la population contre le régime de Bachar El Assad. "Mon fils, on lui a fait un lavage de cerveau, je ne comprends pas que l'Etat français ne réagisse pas".

ECOUTEZ : le père de Vianney Ouraghi appelle l'Etat français à réagir, après la condamnation à mort de 11 des ressortissants en Irak.

Soupçons de torture et d'aveux sous la contrainte

La dernière fois que Jamel Ouraghi a parlé à son fils, qui en théorie a le droit d'appeler une fois par semaine depuis sa prison à Bagdad, il a tenté d'en savoir plus sur ses conditions de détention. Nous avons pu entendre l'enregistrement de cette conversation : 

  • "Tu as été torturé ?
  • Oui
  • Et là, tu es toujours torturé ?
  • Ça fait pas longtemps que ça s'est arrêté."

Démentis du quai d'Orsay

Dans cette même conversation, Vianney Ouraghi affirme qu'à la frontière entre la Syrie et l'Irak, lorsqu'il a été transféré par les Kurdes, des Français étaient présents. Le ministère des affaires étrangères dément les tortures dans les prisons irakiennes. De même que la présence française à la frontière. Le quai d'Orsay dénonce une "manipulation de la part des avocats des djihadistes".

Le jeune homme raconte qu'on l'a forcé à signer des aveux, à reconnaître qu'il a combattu dans les rangs de l'Etat islamique. Vianney Ouraghi a été blessé, en Irak, il affirme que son rôle, c'était ensuite de s'occuper des veuves et des orphelins à Raqqa. Son père, qui dit n'avoir rien vu venir de la radicalisation de son fils, a appris il y a un mois qu'il était condamné à la peine capitale : "je l'ai su par les journaux, j'ai eu l'impression de devenir fou. L'avocat irakien a pu consulter le dossier cinq minutes avant le procès. Monsieur le Drian (ministre des affaires étrangères, ndlr) dit que ce sont des procès équitables, je suis désolé, mais c'est se foutre de la gueule du monde".

"On l'envoie à l'abattoir, pour qu'il ne revienne pas" - Jamel Ouraghi

Jamel Ouraghi sait que le rapatriement des djihadistes est un sujet délicat, mais il réclame une intervention de l'Etat français, pour qu'il revienne et purge sa peine ici : "on l'envoie à l'abattoir, parce que ce qu'ils veulent, c'est qu'il ne revienne pas. Tout ce que je demande, c'est qu'il soit rapatrié en France, jugé pour ce qu'il a fait".

Dans la dernière conversation téléphonique entre père et fils, Vianney Ouraghi a annoncé qu'il renonçait à faire appel de sa condamnation à mort.

ECOUTEZ : rencontre avec Jamel Ouraghi, le père de Vianney Ouraghi