Faits divers – Justice

Le père de Yanis jugé pour le meurtre de son enfant aux assises de Riom

Par Olivier Vidal, France Bleu Pays d'Auvergne et France Bleu mercredi 13 janvier 2016 à 6:04

Le procès s'ouvre aujourd'hui devant la cour d'assises du Puy-de-Dôme
Le procès s'ouvre aujourd'hui devant la cour d'assises du Puy-de-Dôme © Maxppp - Yves Salvat

Stéphane Vernier est jugé à partir de ce mercredi pour le meurtre de son fils Yanis agé de 3 ans le 15 février 2014. Le corps inanimé de l'enfant avait été découvert par sa mère qui venait le récupérer au domicile du père. Il en avait la garde pour la journée.

Ce samedi 15 février 2014, il est aux alentours de 17h quand Stéphanie Dhedin se rend à Longues, bourg de la commune de Vic-le-Comte. Cette femme vient récupérer, comme chaque samedi, son fils Yanis, agé de 3 ans, après une journée passée avec son père. Les parents sont séparés et entretiennent des relations très compliquées. Mais ce samedi-là rien ne passe comme d'habitude. 

Très vite les gendarmes seront sur place à Longues - Radio France
Très vite les gendarmes seront sur place à Longues © Radio France - Olivier Vidal

40 minutes sans réponse

Arrivée au domicile de son ex-compagnon à  Longues, Stéphanie Dhedin tente de le joindre. En vain. Des appels, des textos qui restent sans réponse. C'est finalement vers 17h 40 qu'elle voit Stéphane Vernier quitter précipitamment son domicile sur une bicyclette. Surprise et inquiète, elle décide d'entrer à l'intérieur du pavillon. Elle découvre alors dans l'unique chambre de la maison le corps inanimé de Yanis gisant sur un lit. Des traces de sang sont présentes sur le sol. "Des images que je ne pourrai jamais oublier" témoigne-t-elle aujourd'hui près de deux ans après les faits.

Stéphanie Dhedin attend avec impatience la tenue de ce procès

Très vite, elle va chercher du secours auprès du frère du père de Yanis. Tous deux sont voisins. Ce dernier prodigue les premiers soins à l'enfant, notamment un massage cardiaque d'une dizaine de minutes. Sans succès.

Le meurtrier prend la fuite à bicyclette.

Pendant ce temps-là, Stéphane Vernier prend la fuite avec sa bicyclette. Après avoir traversé la région, il sera interpellé trois jours plus tard à Villard Bonnot à proximité de Grenoble dans l'Isère. Repéré parce qu'au volant d'un véhicule volé, il est arrêté par les gendarmes isérois.

Lors de ses auditions, Stéphane Vernier explique qu'il a serré très fort Yanis dans ses bras. Qu'il a mis sa main sur la bouche et le nez de son fils pendant environ deux minutes. 

"Je ne voulais pas que ça s'arrête" explique Stéphane Vernier.

Il explique aux enquêteurs qu'il a fait ce geste pour garder son fils avec lui, par amour. Il ne voulait plus être séparé de ce dernier. Stéphane Vernier l'a donc tué, projetant ensuite de mettre fin à ses jours. Ce scénario ne se déroulera pas comme prévu. Il ne réussira pas à se donner la mort avec un couteau de cuisine comme il le souhaitait selon ses déclarations. Pris de panique, il prendra la fuite.

Atteint d'un trouble du discernement ? C'est l'enjeu du procès

Bien évidemment, pour la mère de Yanis, ces explications ne convainquent pas. "Comment peut-on tuer son fils par amour?" se demande inlassablement Stéphanie Dhedin. Aujourd'hui la maman de Yanis attend impatiemment ce procès pour comprendre ce geste, pour avoir enfin des explications sur la mort de son fils.

Pas sûr qu'elle en ait. Depuis son acte de folie, Stéphane Vernier est interné dans un centre médico-psychologique. Pour son avocat, Jean-François Canis, son client est dépressif depuis fort longtemps. Le rapport d'expertise psychiatrique réalisé le confirme. Pour l'avocat, et ce sera sa défense, ce jour-là, lorsqu'il doit rendre son fils à sa maman, il est victime d'une altération du discernement. Il ne se rend plus compte de ce qu'il fait, qu'il tue son enfant.

Jean-François Canis, l'avocat de l'accusé - Maxppp
Jean-François Canis, l'avocat de l'accusé © Maxppp - Laurent Thevenot

Jean-François Canis défend l'altération du discernement de son client

Avait-il toute sa raison au moment des faits? C'est ce à quoi les jurés de la cour d'assises de Riom devront répondre principalement. Stéphane Vernier, en récidive légale dans cette affaire (il a été emprisonné pendant six ans pour coups mortels), risque la prison à perpétuité.**

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