Faits divers – Justice

Le photojournaliste sauvagement agressé à Collioure s'exprime pour la première fois devant la cour

Par Anne-Natacha Bouillon, France Bleu Roussillon mercredi 14 décembre 2016 à 18:50

David Sauveur
David Sauveur © Radio France - Anne-Natacha Bouillon

Le reporter de guerre David Sauveur a été interrogé par le président de la cour d'assises des Pyrénées-Orientales ce mercredi. L'homme de 42 ans lourdement handicapé, s'exprime via un écran tactile.

Oui, David Sauveur veut bien s'exprimer à la demande du président. L'homme de 42 ans, tétraplégique depuis son agression en août 2001 à Collioure, incline franchement la tête. Il regarde les deux accusés présents avec ses grand yeux bleus prégnants qui ne perdent pas une miette des débats.

"Ce qu'il dit lui, c'est la vérité ?" interroge le juge. La victime tape sur l'écran tactile soudé à son fauteuil roulant : "Il minimise son rôle". Le magistrat insiste : "Et l'autre qui dit ne vous avoir asséné que deux coups de poing ?" David Sauveur répond sur son clavier :

"Il ment, il ment. C'est n'importe quoi."

"Alors vous n'avez peur de rien ?" lance le magistrat à l'un des agresseurs ? Le jeune de 28 ans campe sur ses positions, droit dans ses bottes : "Que de ma mère, c'est tout."

L' ancien photojournaliste suit attentivement tous les débats, depuis l'ouverture du procès de ses agresseurs. Deux hommes sur trois sont présents dans le box depuis lundi. Le troisième âgé de 38 ans est introuvable.

Les amis et confrères de David Sauveur entendus

Ce mercredi, la cour a entendu des amis, confrères, collègues de la victime. Le directeur du festival Visa pour l'image parle d'un homme déterminé.

Yohan Bodin, aujourd'hui journaliste à France 24, a connu David Sauveur il y a plus de 20 ans, sur les bancs de la fac. Il a parcouru le monde avec lui.

"Un photographe ne quitte jamais son boitier. C'est dangereux la nuit : on est une cible."

Alain Bizos, est co-fondateur de l'agence Vu qui avait embauché David Sauveur en 2001 :

"C'était un grand beau mec avec un charme incroyable. C'était un garçon plein d'idées, plein d'énergie."

Sanglots dans la voix

Puis la sœur de David Sauveur a ténu à témoigner. " Depuis, ce n'est plus le même, on n'a perdu notre David." Le président de la cour conclut : "Quelle que soit la décision de justice, la cour ne pourra pas vous rendre votre frère."