Faits divers – Justice

Le pilote du planeur qui s'est crashé à Escot il y a deux ans, relaxé par le tribunal de Pau

Par Daniel Corsand, France Bleu Béarn jeudi 5 octobre 2017 à 19:43

Un moto-planeur du même type que celui qui s'est crashé à Escot
Un moto-planeur du même type que celui qui s'est crashé à Escot - maxppp

Le pilote de 79 ans a réussi à convaincre le tribunal de Pau ce jeudi que les poursuites de la gendarmerie ne visaient pas la bonne réglementation. La justice a prononcé une relaxe.

Il y a deux ans, un planeur se crashait en vallée d'Aspe. Le pilote a été relaxé ce jeudi. Un homme très expérimenté (79 ans) qui vit à Oloron. Un habitué de l'aérodrome d'Herrère. Il était poursuivi pour les blessures graves que ce crash a causé à son passager. Ils se sont écrasés en vallée d'Aspe dans un bois au dessus d'Escot, dans le col de Marie Blanque. Les conclusions de la gendarmerie spécialisée en aéronautique avaient dit que compte tenu du poids embarqué, le centre de gravité n'était pas bon, et la distance entre le planeur et le sol était insuffisante. Mais le tribunal a considéré que les enquêteurs n'ont pas visé la bonne réglementation. Il n'y a pas d'imprudence.

Planeur et moto planeur, c'est la même chose

Les deux hommes avaient embarqué dans un moto planeur. C'est à dire un planeur équipé d'un moteur que l'on utilise surtout pour le décollage. Quand l'appareil a été pris dans un "rabattant" extrêmement violent, le moteur tournait. Donc les enquêteurs considéraient que la réglementation pour les avions devait s'appliquer. Et de ce point de vue là, il volait trop bas. Mais les débats et le travail de l'avocat du pilote ont convaincu le tribunal qu'un moto planeur, reste un planeur. Le pilote est donc relaxé.

On est formé à être prudent donc je suis satisfait. J'ai 3500 heures de vol. On peut toujours faire des erreurs mais l'aérologie en montagne est très compliquée. Au bout de 60 ans de vol on se fait quand même avoir. Mais je vais recommencer. — Jean-Louis Céboléro Gela le pilote

Le pilote, Jean Louis Céboléro Gela, soulagé juste après le délibéré.

Les félicitations du parquet

Le procès du pilote s'est même terminé par des félicitations. Le vice procureur Lambert, après le délibéré, a rendu hommage au sang froid du pilote. Celui ci, après que son appareil a décroché, a eu la présence d'esprit d'enrouler l'aile gauche de son planeur sur la cime d'un arbre. Ce qui a permis d'amortir les chutes et éviter sans doute le pire pour lui et son passager. A noter que le passager blessé dans l'accident ne s'est pas constitué partie civile.