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Le prédateur sexuel condamné à 15 ans de réclusion à Caen

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Par , France Bleu Normandie (Calvados - Orne)

Il séduisait des jeunes femmes sur internet et les a violées en menaçant de diffuser des photos et vidéos intimes. Un homme de 44 ans a été condamné ce vendredi par la Cour criminelle du Calvados. Les victimes sont ressorties soulagées, même si "leurs blessures invisibles ne s'effaceront jamais".

L'avocat général avait requis 18 ans de réclusion. La Cour criminelle a condamné l'accusé à 15 ans, assorti d'un suivi socio judiciaire de dix ans comprenant une obligation de soins.
L'avocat général avait requis 18 ans de réclusion. La Cour criminelle a condamné l'accusé à 15 ans, assorti d'un suivi socio judiciaire de dix ans comprenant une obligation de soins. © Radio France - Nolwenn Le Jeune

Yohann Barbarin n'a pas assisté physiquement à la fin de son procès. Cet homme de 44 ans, originaire de l'Eure, souffre d'une sciatique et a préféré rester à la maison d'arrêt de Caen. C'est donc en visioconférence qu'il a écouté l'énoncé du verdict. Après trois jours d'audience, la Cour criminelle du Calvados l'a condamné à 15 ans de réclusion, une peine assortie d'un suivi socio judiciaire de dix ans comportant une obligation de soins. Il devra en outre verser à ses victimes un total de 55.000 euros de dommages intérêts. Plus la somme de 10.500 euros pour les frais de justice occasionnés.

Alors que l'accusé a été reconnu coupable de cinq viols et d'une tentative de chantage, seules trois jeunes femmes s'étaient constituées parties civiles. "Illustration, selon l'avocat général Pascal Chaux, de la difficulté pour les victimes d'infractions sexuelles de réussir à se reconnaître comme telles, de dépasser leur sentiment de honte et de se lancer dans un processus judiciaire qui sera long et éprouvant". Leur courage avait été souligné la veille par leur avocate Aline Lebret dans sa plaidoirie. Les trois jeunes femmes n'ont d'ailleurs pas réclamé le huis clos, comme c'est pourtant souvent le cas dans les procès pour viols, "pour que leur histoire malheureuse serve de leçon à d'autres".  

L'avocat général réclame 18 ans de réclusion

Dans ses réquisitions, Pascal Chaux a réclamé une "peine exemplaire". La peine maximale encourue pour ces faits de viols et de chantage, reconnus en partie par l'accusé, est de 20 ans. "Je demande 18 ans de réclusion, cela peut paraître élevé mais c'est à la hauteur de l'infraction et des risques sérieux que cet homme représente". Un individu qu'il décrit comme "intelligent, ayant une haute estime de soi, qui considère les victimes comme des objets pour satisfaire ses envies sexuelles, sans aucun regret ni empathie". 

Dans son verdict, la Cour criminelle (composée de cinq magistrats professionnels, chargée de juger les crimes les moins graves) a reconnu "la dangerosité criminologique de l'accusé, le caractère pervers de ses agissements et son besoin d'emprise". Et l'a condamné à la peine de 15 ans de réclusion. 

"Notre blessure est invisible et ne cicatrisera jamais totalement"

Séduites par ce prédateur qui se faisait passer pour un homme deux fois plus jeune sur internet, et contraintes d'avoir des rapports sexuels avec lui sous la menace que les vidéos et photos intimes qu'elles lui avaient envoyées soient divulguées, les trois jeunes femmes sont ressorties soulagées. "Même si notre blessure est invisible, et qu'elle ne cicatrisera jamais totalement, confie la plus jeune qui n'avait que 15 ans quand elle a été violée, j'espère que ce "monsieur" va maintenant avoir le temps de comprendre le mal qu'il a fait". La décision de la justice leur permet aussi d'essayer de s'affranchir du "sentiment de culpabilité" de s'être laissées berner par lui. 

La plus jeune des victimes n'avait que 15 ans quand elle a été violée, elle exprime tout son soulagement, même si sa blessure ne s'effacera jamais

"Reconnaissons lui au moins le fait d'avoir en partie avoué les faits"

"On peut évidemment penser qu'il est manipulateur, qu'il y a une perversité, réagit son avocat Eric Gaillard, mais il y a une responsabilité des outils numériques qui ont favorisé cette perversité". Il ajoute que son client a fini par reconnaître en partie les faits. "On lui doit au moins cela". Et il insiste sur le travail entamé avec un psychologue et un psychiatre durant ses quatre ans de détention provisoire.

"Mon client est un "dinosaure" des réseaux sociaux, et sa délinquance si elle est grave est déjà malheureusement dépassée par l'hypersexualisation sur internet.

Yohann Barbarin a dix jours pour faire appel de la décision.  

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