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Faits divers – Justice

Le président de la Fédération des Grands Vins de Bordeaux devant la justice

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Par , France Bleu Gironde, France Bleu

Hervé Grandeau, le président de la Fédération des Grands Vins de Bordeaux, et son frère Régis, ont comparu ce jeudi devant le tribunal correctionnel de Bordeaux. Ils sont soupçonnés de tromperies et fraudes entre 2010 et 2014 au Château Lauduc à Tresses.

Le jugement du tribunal correctionnel de Bordeaux a été mis en délibéré au 27 juin
Le jugement du tribunal correctionnel de Bordeaux a été mis en délibéré au 27 juin © Radio France - Stéphanie Brossard

Tresses, France

La décision a été mise en délibéré au 27 juin par le tribunal correctionnel de Bordeaux. Des peines de 3 à 6 mois de prison avec sursis, ainsi que des amendes, ont été requises à l'encontre de Régis, et Hervé Grandeau également président de la Fédération des Grands vins de Bordeaux, poursuivis pour tromperies et fraudes sur une période allant de 2010 à 2014 dans leur domaine du Château Lauduc.

"Vignes éponges"

Durant cette audience de quatre heures, il a été question de la pratique dite des "vignes éponges". La justice les soupçonne d'avoir joué avec leur excédent de production en AOC; d'avoir mélangé ce surplus, avec du vin de table, sans indication géographique (qui n'est pas soumis à un plafond de production) au lieu de détruire cet excédent, comme c'est la règle.

"Faux" assure, à la barre, le président de la Fédération des Grands Vins de Bordeaux. Il reconnaît en revanche des "négligences" quand le tribunal lui fait remarquer également, l'absence de traçabilité de ses vins, l'absence de registres de vendanges. "Mais comme dans 95% du vignoble Bordelais" selon Hervé Grandeau. Ce n'était "pas obligatoire à l'époque" gronde son avocat. "Et aujourd'hui on est transparent" ajoute son frère. 

Un trouble sur la profession

Il y a eu "tromperie" pour le consommateur qui voit dans une AOC, "un gage de qualité, de sincérité et d'authenticité. C'est aussi l'image et la réputation de région. Tout cela, jette le trouble sur la réalité des pratiques d'une profession, d'autant qu'ici, c'est l'un des représentants de cette profession qui s'affranchit des règles édictées ! ça fait mauvais genre" estime le procureur dans ses réquisitions. 

"Ce ne sont pas des voyous" plaide maître Magret. Il n'est pas question de vin de lune. Il n'y a pas de produits interdits. Aucune mauvaise intention ! Et je voudrais connaître la différence entre le prix de côtes de Bordeaux et de Bordeaux Supérieur. On ne fraude pas pour 0,45 centimes par bouteille".

"De bonne foi"

"Je n'ai pas fait prendre de risques pour la santé" répète Hervé Grandeau alors que le procès se referme. Il assure être "de bonne foi" et "n'avoir jamais fraudé". "On n'en n'a pas tiré d'avantage financier" conclue son frère Régis.

A la question de la présidente du tribunal, un peu plus tôt dans l'audience "est-ce que quelqu'un de négligent peut être à la tête d'une fédération comme les Grands Vins de Bordeaux ?" Hervé Grandeau a assuré que "les adhérents sont avertis que je passais devant la justice et j'ai reçu de nombreux messages de soutien".

Bernard Farges cité comme témoin

Bernard Farges, président de l'appellation "Bordeaux et Bordeaux Supérieur" a été cité comme témoin dans ce dossier ce jeudi. Celui qui "semblait bien connaître le dossier alors qu'il n'est pas partie civile" lui a fait remarquer le tribunal, est venu, a-t-il expliqué, "pour apporter éclairage sur filière viticole bordelaise". "Est-il cohérent de garder ses mandats électifs alors que l'on comparaît devant ce tribunal?" l'a également interrogé la présidente du tribunal. "Tout prévenu est présumé innocent" a rétorqué le vice-président du CIVB. Ni le CIVB, ni la Fédération des Grands Vins de Bordeaux ne se sont portées parties civiles, ni n'ont été représentées dans ce procès. Au contraire de l'INAO, et de la Confédération paysanne qui l'a déploré. "C'est quand même presque comme s'ils les couvraient par avance. Je ne comprends pas" a commenté Dominique Techer, l'un de ses représentants.