Le prisonnier qui a agressé sept surveillants à Mont-de-Marsan est l'un des condamnés du double meurtre d'Échirolles
Le détenu qui a agressé 7 surveillants ce lundi au Centre Pénitentiaire de Mont-de-Marsan est l'un des jeunes condamnés en 2015 pour le meurtre de Kevin et Sofiane à Echirolles (Isère).

Âgé de 23 ans, Ilyès Tafer a été condamné en novembre 2015 à 20 ans de prison, la peine la plus lourde, pour avoir participé, en 2012, au lynchage de deux jeunes hommes dans le parc Maurice Thorez d'Échirolles, dans la banlieue grenobloise. Les victimes avaient été massacrées à coups de marteaux et de couteaux notamment. Dix jeunes avaient été condamnés, à des peines allant de 8 à 20 ans de réclusion criminelle. Deux autres jeunes avaient été acquittés.
Des troubles psychiatriques graves
Ilyès Tafer avait déjà été condamné à plusieurs reprises pour violences. Il présentait des troubles psychiatriques graves, de type "psychopathiques", même si au moment du double meurtre d'Échirolles, les experts ne lui ont reconnu aucun trouble psychique qui aurait pu altérer son discernement. Avant d'être incarcéré à Mont-de-Marsan le 31 mai dernier, il a purgé le début de sa peine dans des établissements des régions grenobloises et lyonnaises. Il a été à l'origine de plusieurs incidents en prison : depuis le début de sa détention il a été condamné à deux reprises pour des outrages et des menaces contre des personnels pénitentiaires.
Sept surveillants blessés
Lundi 15 janvier, en fin d'après-midi, il a violemment agressé sept surveillants du Centre Pénitentiaire. Il se rendait à la salle de sport quand son sac a bipé sous le portique de sécurité. Le personnel a voulu procéder à une fouille, comme le veut la procédure, et le détenu a refusé et s'en est alors pris aux gardiens.
Surveillé pour une éventuelle radicalisation
Son profil présentant des risques, il faisait également l'objet d'une évaluation pour jauger son éventuelle radicalisation, explique le procureur de la République de Mont-de-Marsan, Olivier Janson. "Il faisait donc l'objet depuis plusieurs mois d'une surveillance à ce titre, mais n'était pas catalogué à proprement parlé comme un détenu radicalisé" précise-t-il. "Cependant, lors de l'agression, au moment où il était conduit au quartier disciplinaire, il a prononcé à plusieurs reprises _"Allah Akbar"_. L'enquête se poursuit : il s'agit pour nous, de vérifier s'il y avait une motivation liée à une éventuelle radicalisation, ou si il s'agit de violences gratuites envers le personnel pénitentiaire." Le détenu devrait être jugé ce mercredi après-midi en comparution immédiate.
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