Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Faits divers – Justice

Neuf personnes jugées à Tarbes pour avoir agressé des homosexuels

mardi 16 octobre 2018 à 17:28 Par Daniel Corsand, France Bleu Béarn et France Bleu

Huit hommes et une femme comparaissent depuis ce mardi devant le tribunal correctionnel de Tarbes pour une série de vols avec violence. Ils ont tendu des traquenards à huit hommes en postant des annonces sur un site internet gay.

Philippe a eu le courage d'affronter ses agresseurs à l'audience
Philippe a eu le courage d'affronter ses agresseurs à l'audience © Radio France - Daniel Corsand

Tarbes, France

Huit hommes et une femme, âgés de 20 à 24 ans, sont jugés depuis ce mardi matin par le tribunal correctionnel de Tarbes pour une série d'agressions sur des hommes homosexuels. Onze agressions en tout, commises entre mars et septembre 2017 à Tarbes, Laloubère, Séméac, Barbazan-Debat, Bagnères, Laloubère, Oursbelille et Ibos. Une bande qui a pris pour habitude de prendre des rendez-vous d'un soir avec des homosexuels sur un site internet de rencontres. Les victimes étaient alors contraintes par la violence à faire des retraits d'argent liquide.

Homophobie en bande organisée

C'est Hugo qui se charge d’appâter la victime. Sur le site coco.fr, il "recrute" la future victime. Ce site sert beaucoup pour des aventures d'un soir dans un endroit discret : un parking, une usine désaffectée ou les quais de l'Adour. Hugo utilise des pseudonymes du type, "JH discret", "Robert bi". En quelques heures, il gagne leur confiance pour leur fixer un rendez-vous.  Il s'y rend seul, ou avec un de ses complices dans le coffre. Et si ce n'est pas le cas, les autres rappliquent aussitôt sur les lieux.  Il y a des coups et des menaces. La victime est alors forcée d'effectuer des retraits au distributeur le plus proche, de quelques centaines d'euros à chaque fois

"Nous les gens comme toi, on les aime pas"

Ces faits de violences sont accompagnés de propos homophobes. "Tu n'as pas honte d'être pédé ? Nous, les gens comme toi, on les aime pas. Si tu vas chez les flics on pourra te retrouver". Les agresseurs menacent d'aller trouver la famille ou l'employeur de la victime. La police est persuadée que d'autres victimes ont encore peur et ne se sont pas manifestées. Comme cet homme qui n'a pas souhaité porter plainte, ni apparaître dans la procédure. Il a juste accepté de parler au juge d'instruction. Il lui a expliqué qu'il éprouvait du dégoût pour ses agresseurs, mais aussi pour lui même. 

Le courage de Philippe*

Philippe est l'une des trois victimes à avoir osé se rendre au procès. Il raconte l'horreur de cette soirée : comment il a été contacté par Hugo sur le site coco.fr, comment il s'est retrouvé cerné par trois hommes sur le parking du  magasin géant casino de Laloubère en septembre 2017, comment il a été roué de coup. Il n'avait pourtant pas d'argent ni de carte bleue sur lui. 

Le procès se poursuit ce mercredi. Le jugement sera rendu en soirée.

* Le prénom a été changé.