Faits divers – Justice

Le procès de Francis Heaulme pour le double crime de Montigny est renvoyé

Par France Bleu Lorraine Nord, France Bleu Lorraine Nord, France Bleu Sud Lorraine et France Bleu mardi 1 avril 2014 à 17:27

Francis Heaulme et Henri Leclaire
Francis Heaulme et Henri Leclaire © Maxppp

Après seulement deux jours d'audience, le procès de Francis Heaulme pour le meurtre de deux petits garçons en 1986 a été renvoyé cet après-midi à une session ultérieure. Au fil des témoignages, un suspect a fait son apparition ou plutôt sa réapparition : Henri Leclaire.

La cour d'assises de Moselle a suivi la demande de l'avocat général : le procès de Francis Heaulme pour les meurtres d'Alexandre Beckrich et Cyril Beining est renvoyé. C'était à ce jour le quatrième procès pour un crime commis le 28 septembre 1986.

"L'affaire n'est plus en état d'être jugée ", a expliqué l'avocat général qui a demandé ce renvoi en milieu d'après-midi. Ce sont les nouvelles accusations à l'encontre d'Henri Leclaire qui ont semé le doute. Cet homme de 65 ans aujourd'hui est le premier à s'être accusé du crime, quelques semaines après, puis il s'est rétracté. Mais des témoins de dernière minute l'ont replacé au coeur des débats. Ces témoins, ils ont été entendus ce mardi par la cour d'assises. Il y a un cheminot qui affirme avoir vu un homme ressemblant à Henri Leclaire courir sur les voies ferrées le jour des faits. Il y a surtout une juriste auquel Henri Leclaire aurait raconté il y a deux ans qu'il avait corrigé les enfants, mimant la scène avec une certaine violence, tout en affirmant qu'il ne les avait pas tués. "C'est vrai, je lui ai dit ça ", a reconnu ce mardi Henri Leclaire, "mais je ne les ai pas tué s".

"L'entière vérité est à ce prix"

Ces déclarations constituent "des indices graves et concordants " à l'encontre d'Henri Leclaire, selon l'avocat général Jean-Marie Beney.

Après s'être retirée pour délibérer, la Cour a suivi ces réquisitions. "L'entière vérité est à ce prix " a expliqué le président de la Cour, exprimant ses regrets à l'égard des parties civiles, les familles des victimes. Fait exceptionnel, il s'est aussi adressé à Patrick Dils, condamné deux fois pour ce crime, puis acquitté en 2002 : "immense a été l'erreur judiciaire qui l'a frappé. Puisse une telle catastrophe judiciaire ne jamais se reproduire ".

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