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Dossier : Affaire Daval

Le procès de Jonathann Daval en douze dessins

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Besançon, France Bleu Belfort-Montbéliard, France Bleu Bourgogne, France Bleu

Le dessinateur Maxime Péroz a suivi le procès de Jonathann Daval aux assises de Vesoul pour France Bleu Besançon. Ses croquis racontent quelques jours dans la vie des femmes et des hommes emportés par cette affaire criminelle hors du commun.

Le palais de justice de Vesoul au premier jour du procès Daval.
Le palais de justice de Vesoul au premier jour du procès Daval. © Radio France - Maxime Peroz

Maxime Péroz, auteur de bandes dessinées et de carnets de voyages, s'est prêté pour la première fois à l'exercice du dessin de presse en suivant le procès de Jonathann Daval, accusé du meurtre de son épouse Alexia, et jugé devant la cour d'assises de Vesoul entre le 16 et le 21 novembre. C'est pour lui une plongée dans un univers nouveau, qui l'a passionné. 

"Je suis surpris", remarque Maxime Péroz, "de la vérité qui est dite, dans la cour d'assises. Tout le vernis de la société, tout ce que l'on ne dit jamais habituellement, ça éclate. Tout le monde est sur un pied d'égalité". Revivons en images ces journées d'audience d'une incroyable intensité, dans, mais aussi autour du palais de justice.

Lundi : on se jauge

La première chose qui frappe le dessinateur, ce sont les abords du tribunal : "Les grilles, les CRS, les journalistes et les gens qui commentent, comme au comptoir. Chacun y va de son émotion, de sa petite musique..." Il croque donc les badauds qui tournent autour du palais de justice, zone réservée aux acteurs du procès.

Procès Daval : les badauds autour du palais de justice de Vesoul.
Procès Daval : les badauds autour du palais de justice de Vesoul. © Radio France - Maxime Péroz

Le premier jour du procès, c'est aussi le moment où tous les protagonistes se retrouvent dans ce lieu singulier de la cour d'assises, où les premiers mots sont échangés. Des mots lourds de sens pour Jonathann Daval : à l'invitation du président de la cour, il reconnaît une nouvelle fois qu'il est le seul impliqué dans la mort d'Alexia. L'accusé apparaît figé, presque recroquevillé dans son box, alors que la famille de la victime est arrivée, solidaire et combattive pour un procès qui est leur dernière chance de connaître la vérité.

Le grand public retrouve ou découvre des protagonistes moins médiatisés, comme la mère de Jonathann Daval, Martine Henry, apparue en fauteuil roulant. Lundi 16 décembre, elle est brièvement entendue : "C'est une affaire bien triste", déclare-t-elle, "Jonathann était un enfant toujours calme" qui "vivait dans sa bulle". Elle appelle son fils à "dire la vérité".

Martine Henry, la mère de Jonathann Daval.
Martine Henry, la mère de Jonathann Daval. © Radio France - Maximé Péroz

Mardi : la vérité crue

Au deuxième jour du procès, les experts dissèquent la vie d'Alexia Daval : les médicaments retrouvés dans son corps, les détails de l'autopsie, la photo du corps en partie carbonisé, l'hypothèse -écartée par le médecin légiste- d'un viol post-mortem. "Un expert nous ensevelit sous des termes techniques, des mots que je ne connaissais pas, des noms de médicaments" raconte le dessinateur, "on parle de sexe, de santé, des choses qui sont tues d'habitude"

Il dessine la famille Fouillot écoutant pendant sept heures le médecin légiste.

La famille d'Alexia écoute le médecin énumérer les substances médicamenteuses retrouvées dans le corps de la victime.
La famille d'Alexia écoute le médecin énumérer les substances médicamenteuses retrouvées dans le corps de la victime. © Radio France - Maxime Péroz

En contre-champ, les journalistes dessinent avec leurs caméras, leurs micros et leurs smartphones ce procès hors-norme. "Il y a une fébrilité à chaque arrivée et sortie des protagonistes", observe Maxime Péroz, "une meute qui tourne autour". Malgré l'excitation, il trouve ce ballet "cadencé, calme" et finalement "respecteux"

Les journalistes du procès Daval.
Les journalistes du procès Daval. © Radio France - Maxime Péroz

Mercredi : de l'immense tristesse au malaise

Au troisième jour du procès, les mots des parents d'Alexia Daval prennent aux tripes. "Alexia était notre lumière, nous sommes désormais en mode veilleuse" raconte son père Jean-Pierre Fouillot, tandis qu'Isabelle Fouillot vient défendre la mémoire de sa fille et réclamer des réponses. Maxime Péroz esquisse le couple uni, le bras du mari sur l'épaule de l'épouse, sur le banc de la partie civile.

Procès Daval : le couple Isabelle et Jean-Pierre Fouillot.
Procès Daval : le couple Isabelle et Jean-Pierre Fouillot. © Radio France - Maxime Péroz

L'émotion de cette journée culmine à la toute fin, quand commence l'interrogatoire de Jonathann Daval. Il prononce des excuses maladroites, reconnaît qu'il a menti, commence le récit du soir du meurtre, puis chancèle et fait un malaise qui conduit à la suspension de l'audience. 

Mais l'émotion cède aussi la place aux joutes oratoires entre avocats et magistrats. Ce sont les professionnels de la justice, les acteurs d'un théâtre singulier : l'avocat général Emmanuel Dupic, Me Gilles-Jean Portejoie, l'avocat de la famille Fouillot, Me Randall Schwerdorffer, avocat de Joanthann Daval et Me Jean-Hubert Portejoie, autre avocat de la partie civile (de gauche à droite), entourent ici la mère d'Alexia :

Passe d'armes devant la cour d'assises de Vesoul.
Passe d'armes devant la cour d'assises de Vesoul. © Radio France - Maxime Péroz

Jeudi : le récit du crime

L'interrogatoire de Jonathann Daval reprend en milieu d'après-midi. Pour la première fois devant la cour d'assises, Jonathann Daval admet avoir voulu tuer Alexia. Invité par le président Matthieu Husson à s'exprimer en détails, il fait le récit du crime, la dispute puis les coups et la strangulation. "Pour donner la mort", énonce-t-il d'un ton détaché, “pour qu’elle se taise à jamais ?”.

Procès Daval : le président de la cour d'assises évoque les coups reçus par Alexia.
Procès Daval : le président de la cour d'assises évoque les coups reçus par Alexia. © Radio France - Maxime Péroz

Avant cela, une nouvelle salve d'experts, un psychologue et deux psychiatres, avaient exposé leurs hypothèses sur le profil de l'accusé et leurs explications sur son passage à l'acte : une "personnalité caméléon" pour les uns, "manipulateur" pour un autre, un enfant "surprotégé" devenu un adulte "immature" dont les digues auraient explosé au moment du passage à l'acte.

Jonathann Daval écoute, dans son box, les experts qui dissèquent sa personnalité.
Jonathann Daval écoute, dans son box, les experts qui dissèquent sa personnalité. © Radio France - Maxime Péroz

Vendredi : le carcan

Ultime face à face poignant entre Isabelle Fouillot et Jonathann Daval : la mère d'Alexia a obtenu de s'adresser directement au meurtrier de sa fille. Malgré ce dialogue intense, l'accusé ne va pas au-delà de ses aveux déjà prononcés devant la cour. A leur tour, les avocats des parties civiles tentent de le secouer pour obtenir des réponses, en vain. Il est toujours aussi difficile de le faire sortir de ce carcan, Jonathann Daval reste un mystère. 

Maxime Péroz dessine les avocats qui représentent les victimes en pleine plaidoirie. Comme Me Gilles-Jean Portejoie qui, dans son discours, rend hommage aux parents d'Alexia, "sans qui nous n’aurions pas cheminé sur le chemin de la vérité". Il demande "une décision qui soit à la hauteur de nos souffrances".

Me Gilles-Jean Portejoie, avocat des parties civiles, dans sa plaidoirie.
Me Gilles-Jean Portejoie, avocat des parties civiles, dans sa plaidoirie. © Radio France - Maxime Péroz

Une journée dessinée par Maxime Péroz depuis une salle de visioconférence, car c'est l'un des aspects de ce procès hors norme : il y a trois salles pour suivre les débats, la salle d'assises et deux pièces pour visionner les débats sur écran.

Le procès Daval depuis la salle de visioconférence.
Le procès Daval depuis la salle de visioconférence. © Radio France - Maxime Péroz

Samedi : plaidoiries et verdict

Le procès s'est prolongé le samedi pour l'ultime ligne droite : réquisitoire, plaidoirie de la défense et verdict.

Dans un réquisitoire de moins de deux heures, l'avocat général, Emmanuel Dupic, a réclamé une peine sévère, la perpétuité, considérant que le meurtre d'Alexia était aggravé par les circonstances de sa mort, la crémation de son corps et les mensonges de Jonathann Daval.

L'avocat général, Emmanuel Dupic, requiert la perpétuité contre Jonathann Daval.
L'avocat général, Emmanuel Dupic, requiert la perpétuité contre Jonathann Daval. © Radio France - Maxime Péroz

Les avocats de la défense ont cherché à atténuer le portrait "machiavélique" de Jonathann Daval brossé par l'accusation. Pour Me Schwerdorffer, il fallait juger l'accusé ce qu'il a fait, en se détachant de la médiatisation et des suppositions avancées par les parties civiles. 

Me Schwerdorffer dans sa plaidoirie pour Jonathann Daval.
Me Schwerdorffer dans sa plaidoirie pour Jonathann Daval. © Radio France - Maxime Péroz

Au bout de trois heures de délibération, Jonathann Daval a été condamné à 25 ans de réclusion criminelle. Il ne fera pas appel, ont indiqué ses défenseurs. Notre dessinateur Maxime Péroz, passionné par ce "théâtre" de la cour d'assises, se dit prêt à recommencer pour d'autres procès.

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