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Dossier : Affaire Daval

Procès Daval : Jonathann Daval reconnaît toujours être le seul impliqué dans la mort d'Alexia

- Mis à jour le -
Par , , France Bleu Belfort-Montbéliard, France Bleu Besançon, France Bleu

Trois ans après le meurtre d'Alexia Daval, à Gray en Haute-Saône, son mari Jonathann comparaît depuis ce lundi et pour une semaine devant la cour d'assises à Vesoul. L'accusé a avoué, dès sa mise en examen, mais ses explications sur le mobile et les circonstances sont très attendues.

La salle d'audience des assises de Vesoul avant le début de l'audience.
La salle d'audience des assises de Vesoul avant le début de l'audience. © AFP - PATRICK HERTZOG

Le procès de Jonathann Daval s'est ouvert ce lundi devant la cour d'assises de la Haute-Saône, à Vesoul. L'informaticien de 36 ans doit répondre du meurtre de sa femme, Alexia, 29 ans, frappée et étranglée dans la nuit du 27 au 28 octobre 2017. Un crime qu'il a avoué, le 30 janvier 2018, mais dont le motif et les conditions restent à éclaircir.  

L'enjeu de ces cinq jours d'audience, du 16 au 20 novembre, est de comprendre comment cet homme, unanimement décrit comme gentil, amoureux de son épouse, presque inoffensif, a pu tuer cette jeune femme, elle-même décrite comme joyeuse et positive, avec un caractère affirmé. C'est l'intimité du couple, la réalité derrière le vernis, qui va être auscultée : les tensions autour du désir d'enfant contrarié, les troubles de l'érection de Jonathann Daval, les malaises dont Alexia aurait été victime les mois précédant le drame.

Suivez ci-dessous les principaux moments de cette première journée d'audience :

Reconnaissez-vous toujours être le seul impliqué dans la mort de votre épouse ? - Oui

A 11h30, à l'issue de la lecture du rapport de mise en accusation, le président de la cour, Matthieu Husson, s'est adressé à Jonathann Daval pour lui donner la parole. Il a notamment insisté, comme pour le rassurer, sur le fait qu'il n'était pas jugé par "la salle ni la presse" mais par la cour.  "'Je vous garantis un procès équitable" a insisté le magistrat, tout en incitant l'accusé de parler : "Si vous vous exprimez, faites-le librement et avec sincérité."

Arrive la question directe à Jonathann Daval : après les multiples rebondissements, "aujourd'hui, quelle est votre position ? Reconnaissez-vous toujours être le seul impliqué dans la mort de votre épouse ?" Réponse sur le champ de l'accusé : "Oui", puis il se rassied. C'est le seul mot qu'il prononce. Les yeux rougis, il regarde la salle, avant de reprendre sa place. 

Jonathann Daval sera longuement entendu mercredi. La cour va entendre le premier témoin, le gendarme directeur de l'enquête, Franck Paredes.

La lecture du rapport de mise en accusation : Jonathann Daval face aux faits dans tous leurs détails

A 10h50, le président de la cour entame la lecture de son rapport. C'est le résumé des trois ans d'instruction, la synthèse des éléments à charge et à décharge. Il y a des extraits des auditions de Jonathann Daval, des témoignages de sa belle-famille, des rapports toxicologiques et des experts psychiatres.

Le président lit les conditions dans lesquelles le corps d'Alexia Daval a été retrouvé et l'état de sa dépouille, en partie calcinée. A la lecture de ce passage, Jonathann Daval laisse glisser une larme. Sa belle-mère, Isabelle Fouillot, ne le lâche pas des yeux.

L'ordonnance de mise en accusation relate aussi les différentes versions données par Jonathann Daval sur le meurtre de son épouse, les rebondissements, les accusations contre son beau-frère et la thèse d'un complot familial, balayée au bout de quelques mois. 

Durant cette lecture, l'accusé baisse de temps en temps les yeux ou regarde le président, mais ne balaye plus du regard la salle. Il a les mains jointes entre les genoux, cligne des yeux, semble oppressé. Au moment où le président détaille l'étranglement d'Alexia, le soir du 27 octobre, il baisse la tête et les yeux. A chaque détail qui évoque la mort de la victime, Jonathann Daval cligne des yeux et lâche une larme.

Le rapport du président cite aussi les rapports des psychiatres qui évoquent une personnalité ambigüe de Jonathann Daval : apparemment "soumis" à son épouse, il pourrait en réalité se révéler "déterminé, plutôt dominant, voire agressif" et "transformer la réalité"

Jonathann Daval, figé et abattu à l'ouverture des débats

A l'ouverture du procès, à 9h, Jonathann Daval est apparu dans le box vitré, vêtu d'une veste grise et d'un pull rayé marine et rouge. Il a les cheveux courts, la coupe en brosse, le visage amaigri par rapport à celui qu'on lui connaissait en 2018, mais sinon, il n'a pas beaucoup changé. Il a retiré son masque de protection pour décliner son identité d'une voix faible, au bord des larmes. Ses avocats souhaitaient qu'il puisse s'exprimer sans masque au cours du procès. 

L'accusé de ce procès hors norme semble abattu, les épaules basses. Il jette fréquemment des regards vers le banc où sont installés sa belle-famille : Isabelle et Jean-Pierre Fouillot, mais aussi la soeur d'Alexia, Stéphanie et son époux, Grégory Gay, que Jonathann Daval avait, un temps, accusé du meurtre, en juin 2018. Il devrait être invité à s'exprimer plus longuement en fin de matinée.

Une fois l'audience débutée, l'effervescence des premières minutes a cédé la place à une ambiance presque feutrée. Dans la salle d'audience vésulienne classée, avec des boiseries jusqu'à plafond, l'éclairage est très doux, c'est presque intimiste.

Nous étions impatients, nous sommes prêts - la mère d'Alexia Daval

Vers 8h30, les parents d'Alexia Daval, Isabelle et Jean-Pierre Fouillot sont arrivés à pied au palais de justice avec leur avocat, Me Portejoie. "Nous attendons de savoir quelle histoire il va encore nous sortir" a déclaré Isabelle Fouillot. "Nous étions impatients, nous sommes prêts" ont indiqué les parents de la victime. Prêts et "combatifs" a ajouté leur avocat.

"C'est le procès de Jonathann et je ne veux pas que ce soit le procès d'Alexia" a aussi affirmé la mère de la victime devant les caméras de télévision, faisant allusion à la stratégie de la défense qui va évoquer les difficultés au sein du couple Daval et l'ascendant qu'aurait eu la jeune femme sur son époux.

Isabelle et Jean-Pierre Fouillot au premier jour du procès du meurtrier présumé de leur fille.
Isabelle et Jean-Pierre Fouillot au premier jour du procès du meurtrier présumé de leur fille. © AFP - Sébastien Bozon

Il y a 18 parties civiles : les oncles et tantes d'Alexia Daval, mais aussi les enfants du couple Stéphanie (la soeur d'Alexia) et Grégory Gay. 

Martine Henry, la mère de Jonathann Daval, est arrivée en fauteuil roulant, sans faire de déclaration.

La mère de Jonathann Daval à son arrivée au palais de justice de Vesoul.
La mère de Jonathann Daval à son arrivée au palais de justice de Vesoul. © Maxppp - Franck LALLEMAND

Les avocats de Jonathann Daval se disent "très ouverts" à ce qui pourra se dire au cours des cinq jours d'audience et pas seulement de la part de leur client. "Un procès peut basculer en quelques minutes sur les déclarations d'un témoin", rappelle Me Schwerdorffer.

Me Schwerdorffer et Spatafora, les avocats de Jonathann Daval au premier jour du procès.
Me Schwerdorffer et Spatafora, les avocats de Jonathann Daval au premier jour du procès. © Radio France - Jean-François Fernandez

Ce procès s'annonce exceptionnel à plus d'un titre : l'ampleur de l'affaire qui a ému et captivé l'opinion publique par ses multiples rebondissements pendant trois ans, mais aussi par les conditions dans lesquelles il s'organise. Dans le palais de justice de Vesoul, trop petit, une salle d'audience et deux salles de visioconférence ont été installées pour permettre aux nombreux journalistes de suivre les débats. Il n'y a pas de public, à cause, notamment, des mesures anti-Covid.

Les journalistes massés devant le palais de justice de Vesoul avant l'ouverture du procès de Jonathann Daval.
Les journalistes massés devant le palais de justice de Vesoul avant l'ouverture du procès de Jonathann Daval. © Radio France - Jean-François Fernandez

En dehors du palais de justice, c'est l'effervescence médiatique, mais pas populaire. Comme nous le relatons dans cet article, les habitants de Gray, la ville des familles Daval et Fouillot, à une cinquantaine de kilomètres de Vesoul, veulent tourner la page. 

A noter, accrochée à une fenêtre en face de la cour d'assises, une affiche "Stop féminicide, repose en paix Alexia" a été déployée.

Une affiche "Stop féminicide" en face du palais de justice de Vesoul.
Une affiche "Stop féminicide" en face du palais de justice de Vesoul. © AFP - Sébastien Bozon
Le palais de justice de Vesoul au premier jour du procès Daval.
Le palais de justice de Vesoul au premier jour du procès Daval. © Radio France - Maxime Peroz

L'audience s'ouvre à 9 heures par les procédures traditionnelles de constitution du jury, appel des témoins, etc. Puis ce sera la lecture de l'ordonnance de mise en accusation et les premières déclarations de l'accusé. Le face à face entre Jonathann Daval et ses beaux-parents, Isabelle et Jean-Pierre Fouillot, qui, jusqu'aux aveux, lui avaient maintenu leur confiance, sera capital. Une quinzaine de membres de la famille d'Alexia Daval ont demandé à se constituer partie civile. 

Les scellés du procès Daval.
Les scellés du procès Daval. © Radio France - Jean-François Fernandez

Le programme du procès

La journée de mardi doit être consacrée aux auditions des médecins, notamment sur le dossier médical d'Alexia Daval, mais aussi à celle des parents de la victime. Mercredi, Jonathann Daval sera interrogé sur les faits. Jeudi, la cour se penchera notamment sur la personnalité de l'accusé. Vendredi s'annonce comme une très longue journée, avec les plaidoiries, le réquisitoire et enfin, le verdict. Jonathann Daval encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

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