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Faits divers – Justice

Le procès de la maltraitance animale n'a pas eu lieu à Alès

lundi 11 février 2019 à 14:26 Par Ludovic Labastrou, France Bleu Gard Lozère

Sur les 175 infractions relevées lors de l’enquête préliminaire déclenchée en octobre 2015 suite à la plainte de l'association L214 contre l'abattoir d'Alès, seulement trois infractions mineures ont été examinées ce lundi par le tribunal de police de la ville. L214 porte plainte contre l'État.

Les parties civiles se concertent avant le début de l'audience
Les parties civiles se concertent avant le début de l'audience © Radio France - Ludovic Labastrou

Alès, France

C'est le 8 avril que le tribunal de police d'Alès rendra sa décision dans le procès de l'abattoir d'Alès. Il était saisi, ce lundi, de trois simples infractions relevant de dysfonctionnements plutôt que d'une affaire de maltraitance à animaux. Seul en cause, le directeur de la structure n'encourt que des amendes. Son avocat plaide la relaxe. 

"Des porcs encore conscients égorgés, des animaux qui voient la souffrance de leurs congénères avant d'être abattus à leur tour."

On se souvient en octobre 2015 du coup de tonnerre médiatique déclenché par les images chocs diffusées par l'association L214. Beaucoup des associations de défense animale espéraient le procès de la maltraitance,qui ne s'est pas tenu puisque seulement trois des 175 infractions retenues dans la procédure ont été retenues. Les autres étant prescrites.

"Le délai de prescription est d'un an, on n'a pas pu également vérifier l’authenticité de la vidéo fournie par L214."

Le procès de maltraitance à l'abattoir d'Alès n'aura pas lieu puisque la majorité des faits pointés du doigt par L214 ont été évacués. Non pas volontairement, explique le procureur mais parce que c'est le droit. Parce qu’on a pas de garantie sur la sincérité des images produites. C'est l'insuffisance de la preuve : une vidéo qu'on n'a pas pu dater précisément techniquement ou absoudre d'un eventuel montage menant à la manipulation des esprits. 

"une véritable honte", Claire Starozinski de l'Alliance anticorrida.

Des parties civiles pour trois infractions mineures qui réclament au total près de 13.000 euros d'amende et autant de frais de procédure. De quoi faire bondir Isabelle Mimran, l'avocate du directeur de l'abattoir d'Alès qui a plaidé la relaxe pour les trois seules infractions relevées, estimant contrairement au ministère public qu'elles n'étaient pas constituées.

Isabelle Mimran, avocate du directeur de l'abattoir d'Alès.

Si la responsabilité du directeur de l'abattoir était retenue par le tribunal de police d'Alès, il encourt trois amendes de 750 euros. L'avocate de l'association L214 constatant que seules trois infractions mineures avaient été retenues par le parquet n'a pas pu faire de citation directe pour faire instruire quand même le procès de la maltraitance animale.

Images de L214 à l'appui et rapport d'expert à la clef, elle va déposer plainte contre l'État pour dysfonctionnement de la justice, le parquet ayant transmis le dossier pénal hors délai.

Caroline Lanty, avocate de L 214.

Victime collatérale, l'abattoir d'Alès ne s'est jamais relevé du scandale

Victime collatérale de ce scandale, l'abattoir d'Alès ne s'est jamais relevé du scandale suscité par les images de L214. La mairie d'Alès a déjà déclaré qu'elle ne pourrait continuer à financer seule le déficit cumulé de 3,4 millions d'euros depuis cette affaire. Le tonnage de 2.600 tonnes a été divisé par deux, ce qui menace directement la survie de la structure. C'est au tour des utilisateurs, quelque 500 éleveurs, de pointer du doigt la responsabilité dans ce naufrage.

Luc Hincelin, président de la commission élevage à la chambre d'agriculture.

Isabelle Mimran, avocate du directeur de l'abattoir d'Alès. - Radio France
Isabelle Mimran, avocate du directeur de l'abattoir d'Alès. © Radio France - Ludovic Labastrou