Faits divers – Justice

Le procès des "chemises arrachées" d'Air France reprend ce mardi

Par Raphaël Godet, France Bleu Paris Région et France Bleu mardi 27 septembre 2016 à 8:58

Le directeur des ressources humaines de Air France, Xavier Broseta, s'est retrouve torse nu, la chemise en lambeaux, le 5 octobre dernier.
Le directeur des ressources humaines de Air France, Xavier Broseta, s'est retrouve torse nu, la chemise en lambeaux, le 5 octobre dernier. © AFP - KENZO TRIBOUILLARD

Le procès des quinze salariés d'Air France poursuivis pour violences et dégradations aggravées dans l'affaire dite "des chemises arrachées", lors du comité central d'entreprise du 5 octobre dernier, reprend ce mardi à Bobigny. Le tribunal avait renvoyé le procès en mai dernier.

C'est une nouvelle fois dans une ambiance tendue que reprend ce mardi à Bobigny le procès des quinze salariés d'Air France, poursuivis pour violences et dégradations aggravées dans l'affaire dite "des chemises arrachées", lors du comité central d'entreprise du 5 octobre dernier. La CGT, qui dénonce depuis le début de cette procédure une "stratégie de criminalisation de l'action syndicale", a déjà appelé à un rassemblement devant le tribunal pour demander leur relaxe. La quasi-totalité des prévenus sont adhérents de la CGT-Air France.

Qui est poursuivi ?

Quinze personnes sont poursuivies dans ce dossier : cinq pour violences aggravées qui risquent jusqu'à trois ans de prison et 45.000 euros d'amende, et onze (dont l'un de ceux accusés de violences) pour dégradations en réunion pour avoir dégradé le portail d'accès au siège de la société. Cinq employés, dont un délégué CGT d'Air France, ont été licenciés par la compagnie après ces débordements.

Le tribunal avait renvoyé le procès en mai dernier. Cette fois, l'audience aura bien lieu, mais le jugement devrait être mis en délibéré à l'issue des audiences, mercredi.

Rappel des faits

Le 5 octobre 2015, le directeur des ressources humaines d'Air France, Xavier Broseta, et un responsable de l'activité long-courrier, Pierre Plissonnier, avaient été pris à partie par des salariés furieux après l'annonce de 2.900 suppressions de postes. Les images montrant ces dirigeants fuyant les manifestants, chemise arrachée et costume déchiré, ont fait le tour du monde. D'autres cadres avaient été molestés et des vigiles blessés.

Le Premier ministre, Manuel Valls, avait immédiatement dénoncé des comportements de "voyous" et demandé des sanctions "lourdes" pour leurs auteurs. Mais la CGT-Air France et plusieurs prévenus accusent la compagnie aérienne d'avoir contribué à créer un climat propice à la confrontation, le 5 octobre 2015. Ils ont cité Air France à comparaître pour complicité d'immixtion dans un conflit du travail et entrave.