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Le procès des deux accusés dans la fusillade d'un lycée à Grasse se tient finalement à huis clos

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Par , France Bleu Azur

Le procès de la fusillade au lycée Tocqueville de Grasse en 2017 a débuté ce mardi matin. Le président de la cour d'assises des mineurs a décidé que les débats se tiendraient à huis clos comme le prévoit la loi. Seuls les victimes et témoins peuvent assister au procès qui dure jusqu'au 20 mars.

Le procès des deux accusés, après la fusillade dans un lycée de Grasse en 2017, se tient finalement à huis-clos.
Le procès des deux accusés, après la fusillade dans un lycée de Grasse en 2017, se tient finalement à huis-clos. © Radio France - Marion Chantreau

Le  procès d'un adolescent de 19 ans, qui était entré lourdement armé dans son lycée (fusil à pompe, pistolet, grenade à plâtre, couteau, revolver) et avait tiré à plusieurs reprises et blessé légèrement cinq personnes, a débuté mardi matin devant la cour d'assises des mineurs des Alpes-Maritimes. Il comparait aux cotés de celui qu'on soupçonne d'être son complice, un jeune âgé aujourd'hui de 20 ans qui l'aurait aidé à récupérer les armes. Tous deux étaient mineurs au moment des faits, le 16 mars 2017. Le président de la cour a donc décidé de maintenir le huis clos comme le prévoit la loi pour garantir la sérénité des débats. Le public et les journalistes n'ont pas accès au procès, seuls les témoins et victimes peuvent y assister.

L'avocat du principal accusé, Me Eric Dupond-Moretti explique qu'une "ordonnance de 1945 protège les mineurs du tumulte médiatique difficile à affronter quand on est un gamin. On parle de la douleur des victimes, ajoute-t-il, mais ce n'est pas simple non plus d'être accusé : quand on est un gamin, on se défend plus mal que lorsqu'on est un adulte, c'est bien de le faire dans un climat plus apaisé."

Dans le box des accusés, le tireur, âgé de 19 ans aujourd'hui, a le visage fermé, il porte une chemise noire boutonnée jusqu'au col, il les cheveux bruns foncés coupés courts, le teint pâle. Au cours de ses trois ans en détention provisoire, il a passé son bac ."Là, je travaille aux ateliers", a-t-il déclaré en réponse à une question du président de la cour, avant que ce dernier ne prononce le huis clos.

Des parties civiles encore choquées

Parmi les victimes, et parties civiles, Julien était élève au lycée Tocqueville de Grasse. ll a assisté à la première journée d'audience mardi, on le sent désabusé.  Le jour de l'attaque, il tentait d'échapper au tireur lorsqu'il a reçu des dizaines de plombs dans le dos : "C'est compliqué, j'ai la même sensation que le jour où j'ai été touché. Ce jour-là, j'ai couru, j'ai eu peur, j'ai vu du sang, je n'avais plus de sentiment."

"Le fait de le revoir, d'être replongé dans cette affaire c'est tout aussi horrible que de vivre l'événement. Je n'attends rien de particulier, pas d'excuses, j'attends juste que cette histoire sorte de ma vie, qu'on arrête de m'embêter avec cela. J'attends que la justice fasse son travail et qu'il soit condamné à ce qu'il mérite."

Une dizaine d'élèves souhaitent encore se constituer parties civiles. Ils estiment être considérés comme victimes même s'ils n'ont pas été directement blessés physiquement, mais pour l'avocat de la défense, Eric Dupond-Moretti, c'est irrecevable : "Ils étaient dans l'enceinte du lycée, mais le juge d'instruction et le parquet n'ont retenu que 13 tentatives d'assassinats et ils n'étaient pas visés par cette infraction. À la limite, ils peuvent faire valoir un préjudice de violences légères, mais mon client n'est pas mis en examen pour ces faits."

Trois ans après les faits, l'accusé et son complice présumé encourent 20 ans de réclusion pour "tentatives d'assassinat et complicité". Plusieurs questions planent sur le procès : autour de la personnalité de l'accusé, féru de références satanistes, d'images macabres, comme celles de clowns dont il avait tapissé sa chambre et son mur Facebook, mais aussi sur l'influence des théories suprématistes. 

Il téléchargeait des images de la tuerie de Columbine, un lycée du Colorado où deux élèves avaient tué 13 personnes avant de se suicider en 1999. Interpellé 35 minutes après avoir fait irruption armé et avoir tiré dans l'établissement, voulait-il faire "très peur", comme il l'a affirmé par la suite, ou le lycée a-t-il échappé au carnage par chance en raison du faible calibre des armes auxquelles il avait accès ? Était-il stressé, déterminé ou déconnecté de la réalité ? Quel était le rôle, l'influence de son coaccusé et ami ? Autant de questions qui se posent aux jury d'assises.

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