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Le procès du père Régis Peyrard s'est déroulé ce mardi au tribunal correctionnel à Saint-Étienne

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Par , France Bleu Saint-Étienne Loire, France Bleu

C'est un procès un peu hors norme qui s'est ouvert hier mardi au tribunal correctionnel de Saint-Étienne, puisqu'on parle d'une centaine de victimes potentielles, mais qu'une seule plainte a pu être retenue.

Moment symbolique  avant l'ouverture du procès avec les victimes du prêtre.
Moment symbolique avant l'ouverture du procès avec les victimes du prêtre. © Radio France - YR

L'ancien prêtre qui a exercé dans la Loire, notamment à Montbrison, La Talaudière et à Saint-Just-Saint-Rambert, a sans doute commis des années 1970 à 1990 une trentaine d’agressions sexuelles répertoriées sur des adolescents de ses paroisses. L’avocat des parties civiles évoque lui un chiffre qui pourrait s’approcher de la centaine. 

Jean Sannier, l'avocat des parties civiles se satisfait malgré tout que les victimes puissent avoir voix au chapitre mais il regrette en tout cas que l'enquête n'ait pas pu permettre d'identifier toutes les victimes du prélat. "C’est déjà une bonne chose que certaines de ses victimes aient pu avoir leur place dans ce procès, mais çà n’est pas suffisant pour autant. Un certain nombre de victimes se sont manifestées puisqu'elles ont été informées que Régis Peyrard était poursuivi. On aurait pu continuer ainsi pendant des mois, si il y avait eu une enquête, s'il y avait eu la volonté d’identifier d’autres victimes, parce qu’il y a très certainement eu de très nombreuses autres victimes. Le chiffre d’une centaine avait été il évoqué, je pense qu’il n’est pas irréaliste."

Lors de ce procès, une seule plainte sera examinée par la justice

C’est la seule plainte dont les faits ne sont pas prescrits, et c’est tout le paradoxe de ce procès. Le père Peyrard reconnaît la plupart de ses actes pédophiles, même si il évoque des problèmes de mémoire, mais une seule affaire pourra le faire condamner. Dans la salle, il y aura  sans doute au moins une quinzaine de victimes du prêtre dont cinq seront entendus comme témoins. Les autres n’ont pas pu ou pas réussi à aller jusqu’au bout de la démarche d’accusation directe. 

La première plainte remonte à l’année 2000

Au fur et à mesure, les plaintes seront toutes classées sans suite. Contrairement à ce qui a pu se passer ailleurs, les évêques successifs de Saint-Étienne ont toujours averti la justice, en vain. L’affaire va ressortir à l’été 2017 grâce au site Coabuse et à la relance de Monseigneur Bataille l’actuel évêque et c’est en mars dernier que le procureur a décidé de lancer une enquête préliminaire sur une plainte de 2001 recevable. Le curé de 85 ans qui a été déchu de sa fonction religieuse vit aujourd’hui à Aubenas, en Ardèche. Il comparaît libre pour "agressions sexuelles sur mineurs" et se retrouve enfin confronté aux faits qui lui sont reprochés et à ses potentielles victimes. 

Enfance perdue 

Des victimes qui osent enfin poser à visage découvert, la honte a enfin  changé de camp
Des victimes qui osent enfin poser à visage découvert, la honte a enfin changé de camp © Radio France - Yves Renaud

Moment symbolique devant le palais de justice de Saint-Etienne avant l’ouverture du procès de père Peyrard accusé d’actes de pédophilie, les victimes ont posé avec des silhouettes représentant leur enfance perdue. En tout cas, le procès a attiré beaucoup de monde. La salle d’audience était pleine à craquer au moment de l arrivée du père Peyrard dans le tribunal. Et une des victimes s'est adresse au prête directement pour tenter d'obtenir des excuses. 

Le père Peyrard n’a pas craqué devant le tribunal correctionnel de saint Étienne hier

Tribunal avait tout de même convoqué comme témoins 5 autres victimes du prêtre qui ont apporté un éclairage accablant sur les méthodes du père Peyrard durant toutes ces années.  

Le Père Peyrard n'a pas craqué à la barre du tribunal

Ces témoins quinquagénaires ou sexagénaires aujourd’hui défilent à la barre et décrivent les véritables pièges tendus aux adolescents qu’ils étaient à l’époque. Ils évoquent aussi l’incrédulité des familles quand ils réussissaient à se confier et la honte instinctive qui surgissait les obligeant pour se protéger à enfouir toute cela au plus profond d’eux même. 

Le père Peyrard écoute et après chaque témoignage, le président de la cour le rappelle à la barre …en vain… 

Je ne conteste pas, c’est surement possible, je ne me souviens pas. Régis Peyrard

Le père Régis Peyrard au cours de l'audience
Le père Régis Peyrard au cours de l'audience © Radio France - Yves Renaud

Il n’aura jamais une phrase franche pour les victimes, pour avouer le mal qu’il a pu leur faire et quand il s’excuse, c’est du bout des lèvres. La balle est pourtant dans son camp s’emporte l’avocat des parties civile, c’est vous qui avez la clef de votre rédemption et de celle de vos victimes. 

Le procureur le déclare coupable et d’autant plus coupable que sa fonction de prêtre lui conférait une autorité sur ces enfants Il réclame une peine de 3 ans dont 18 mois fermes pour cette seule agression retenue. 

Son avocat tentera bien plaider des incohérences dans les témoignages 40 ans après les faits, témoignages, dit-il,  qui ne sont fait que pour accabler mon client, pas sûr qu’il ait réussi à convaincre la cour.

Le tribunal correctionnel de saint Etienne rendra son délibéré dans un mois le 21 décembre prochain.

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