Faits divers – Justice

Le procès en appel du meurtre d'Eysus : la version romancée de Daniel Trey

Par Daniel Corsand, France Bleu Béarn et France Bleu Gironde mardi 29 novembre 2016 à 18:01

L'arme du crime sur la table des scellés
L'arme du crime sur la table des scellés © Radio France - Daniel Corsand

Au deuxième jour du procès, la cour est revenue sur les faits. Le 11 novembre 2001, Marguerite Lagrave, 79 ans est retrouvée égorgée dans sa maison cambriolée. La scène est très violente. À l'audience, Daniel Trey a livré une version édulcorée des événements.

La cour d'assises des Landes accueille le procès en appel du meurtre d'Eysus. Daniel Trey répond du meurtre de Marguerite Lagrave, le 11 novembre 2001. Une dame de 79 ans tuée lors du cambriolage de sa maison. Il a été condamné à 20 ans de réclusion il y a un an à Pau. Sa femme de l'époque, Karine Barboure, est jugée pour sa complicité et aussi pour l'avoir fait chanter dans le cadre de son divorce. C'est d'ailleurs ce qui a permis d'élucider ce crime classé sans suite en 2005.

Le roman de Daniel Trey

Ce mardi on a entendu Daniel Trey sur les faits, sur son face à face meurtrier avec Margot Lagrave. À l'audience, sa version édulcorée n'a pas semblé convaincre la cour. Lui dit qu'il a été surpris par Marguerite Lagrave. Qu'il a voulu partir, mais qu'elle l'en a empêché. "J'ai eu peur" dit-il. Rappelons qu'elle a 79 ans et lui 27. Il est maçon. Elle mesure 1 mètre 50 pour 45 kilos tout au plus. "On s'est débattu" dit-il. "Je suis tombé sur elle". Au sol il a sorti le couteau et la frappe à la gorge. "C'est parti tout seul". Encore une des curieuses expressions de Trey à l'audience. Alors que le médecin légiste a décrit le visage d'une vieille dame qui a été passée à tabac, sans se défendre. "Puisque depuis le début vous vouliez partir, pourquoi n’êtes vous pas parti après la mort de Marguerite?" lui demande la présidente Bui-Van. Parce qu’après le meurtre, il a visité consciencieusement toute la maison de la vieille dame. "Il fallait que je ramène quelque chose pour elle". Elle, c'est Karine Barboure. "C'est grâce à elle que je suis là" a-t-il encore dit ce mardi matin. À l'entendre, Daniel Trey subit tout ce qui lui arrive. Même quand il égorge une vielle dame sans défense.

Il y a eu des coups répétés sur la face de la victime (...) Si on l'écoute, elle lui a sauté dessus, il s'est simplement protégé et le coup est parti, comme il dit— Me Antonin Le Corno, un avocat de la famille de la victime

Les scellés de l'affaire - Radio France
Les scellés de l'affaire © Radio France - Daniel Corsand

Une première enquête ratée

En écoutant les enquêteurs à l'audience, on se rend compte qu'ils sont passés complètement à coté de la vérité en 2001. Et pourtant la solution était à 200 mètres de chez Margot Lagrave. Plusieurs témoins ont remarqué et décrit cette voiture, une golf, avec un liseré rouge sur le coté. Et au volant, ce conducteur imposant. C'est Karine Barboure. Elle attendait Daniel Trey, qui était chez la victime. Elle pesait 140 kilos à l'époque. Un autre témoin a aperçu aussi leurs deux enfants dans les sièges auto à l’arrière. Karine Barboure a été entendue à l'époque. Elle s'est contentée de répondre qu'ils n'étaient pas là. Le couple n'a jamais été inquiété. En fait, la section de recherche de la gendarmerie de Pau a très tôt privilégié l'environnement familial de Margot. Plusieurs membres de sa famille ont été placés sous écoutes et plus tard en garde à vue. Quatre ans plus tard, le juge d'instruction a classé le dossier. Le gendarme directeur d’enquête a eu l’humilité de reconnaître devant la cour : "Je pense être passé à coté. Si Karine Barboure n'avait pas parlé, c'était perdu "

Il reste encore deux jours d'audience. Verdict jeudi soir.

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