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Faits divers – Justice

Le procès en appel du meurtre d'Eysus : toujours le même casting

lundi 28 novembre 2016 à 19:12 Par Daniel Corsand, France Bleu Béarn et France Bleu Gironde

Le premier jour du procès en appel du meurtre de Marguerite Lagrave, ce lundi, s'est penché sur les personnalités des deux accusés. Daniel Trey, le meurtrier, et Karine Barboure, sa femme à l'époque. Elle l'a poussé à cambrioler la vieille dame, et lui l'a tuée.

Le dossier Barboure/Trey aux assises des Landes
Le dossier Barboure/Trey aux assises des Landes © Radio France - Daniel Corsand

Eysus, France

Le premier jour du procès en appel du meurtre d'Eysus. Le 12 novembre 2001, il y a 15 ans, Margot Lagrave, 79 ans est retrouvée morte égorgée dans sa maison cambriolée. Longtemps ce crime est resté un mystère jusqu'à ce que Karine Barboure parle. Elle confie à une gendarmette de Lacanau début 2013 que c'est son mari de l'époque, Daniel Trey, qui a commis ce meurtre. Après avoir tenté de le faire chanter contre de l'argent et la garde des enfants dans le cadre de leur divorce. Les deux ont été jugés il y a un an à Pau. Trey est condamné à 20 ans de réclusion pour meurtre. Et Karine Barboure à 13 ans pour extorsion de fonds. Les deux ont fait appel.

Le mauvais rôle de Karine Barboure

On a le sentiment qu'elle improvise selon l'ambiance du moment à l'audience. Pourvu que ça colle à son rôle de composition. L'épouse soumise à un tyran jaloux. Qui l’empêche de sortir. Qui boit. Qui est violent, sauf qu'elle n'est pas en mesure de raconter un seul coup. Elle se surprend même en disant : "Il aura toujours une place dans mon coeur. C'est le père de mes enfants". Karine Barboure s'arrange toujours avec la vérité. Et même avec son identité quand elle griffonne pour un oui ou pour un nom sur son livret de famille.

Je ne portais pas le pantalon, je ne suis pas dominatrice ! — Karine Barboure à l'audience

Il a aussi été question de son parcours carcéral à l'audience. Qui en dit long sur sa personnalité. Elle multiplie les grèves de la faim ou de la soif pour obtenir ce qu'elle veut. Elle a même entretenu un faux projet d'évasion, pour obtenir son transfert de la maison d’arrêt de Pau vers celle de Saintes. Habilement la présidente Bui-Van lui fait remarquer : "C'est pas être manipulatrice, ça ?"

Daniel Trey et Karine Barboure dans le box - Radio France
Daniel Trey et Karine Barboure dans le box © Radio France - Daniel Corsand

Daniel Trey, le vrai faux second rôle

On n'est pas d'avantage convaincu par son rôle à lui. Lui aussi il raconte qu'il est battu. Mais là encore, il raconte qu'un jour, il a dormi dehors parce qu'il était ivre mort en rentrant des fêtes du village. Une autre fois elle lui a jeté une casserole. On ne peut pas vraiment parler de calvaire. Ce qu'on comprend, en revanche, c'est son intelligence limitée. Il parle de son village d'origine, Arette. La présidente lui demande où ça se trouve : "Vous êtes dans les Landes on ne connait pas !" Il répond : "C'est à coté d'Aramits dans les Basses-Pyrénées".

D'ailleurs il parle parfois en anciens francs. Il dit que c'est "Madame" qui gérait son compte, en parlant de son ex-femme. Il n'y a que lui qui travaillait et sa paye, elle la dépensait dans les cinq premiers jours. Mais bon, il a eu quand même la liberté de s'offrir une moto à 18 000 euros après avoir trouvé 30 000 euros dans la maison qu'il squattait à Eysus pendant que la propriétaire était en maison de retraite. Et puis il y a l'alcool. "Ça peut monter " ; là encore c'est son expression. Ça peut monter quand il a bu. La violence de l'agression dont a été victime Margot Lagrave le prouve.

Le procès doit durer encore trois jours. Verdict jeudi soir.