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Faits divers – Justice

Le procès en diffamation, intenté par le chirurgien grenoblois accusé de manquements graves, renvoyé au 15 juillet

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Par , France Bleu Isère, France Bleu

Ce mardi, devant le tribunal correctionnel de Grenoble, le procès en diffamation, intenté par le docteur Vouaillat contre quatre de ses anciens patients, a été renvoyé au 15 juillet. Il s'agissait d'une simple audience de consignation. Les victimes devenues accusées étaient là, mais pas le médecin.

Gracieuse Masciave, Christophe Fuselier et Frédérique Bagalino, à la sortie de l'audience
Gracieuse Masciave, Christophe Fuselier et Frédérique Bagalino, à la sortie de l'audience © Radio France - Véronique Pueyo

Grenoble, France

Il n'y a pas eu de procès ce mardi après-midi au tribunal de Grenoble devant lequel le docteur Hervé Vouaillat, chirurgien orthopédiste, avait fait citer pour diffamation quatre de ses anciens patients et deux directeurs de journaux. 

En revanche, il y a eu, comme l'on dit dans le jargon juridique, une consignation, c'est-à-dire que le médecin a déposé 1.000 euros auprès du greffe pour avoir le droit d'engager cette procédure. L'audience en elle-même a été fixée au 15 juillet prochain. Ce chirurgien est visé par une enquête préliminaire pour "mise en danger de la vie d'autrui" et suspendu depuis le 1er mai par le conseil national de l'ordre des médecins. Près de 80 de ses anciens patients l'accusent de les avoir mutilés lors d'opérations ratées ou inutiles.

Le docteur Vouaillat s'estime victime d'une cabale

Le praticien estime qu'en racontant leurs histoires dans la presse, ces personnes ont porté atteinte à son honneur, car lui se dit innocent et crie à la cabale médiatique. 

Le chirurgien grenoblois s’était fait représenté ce mardi, par son avocat et ne s'est pas déplacé. Trois des quatre patients étaient eux, bien là en revanche, Christophe Fuselier et Frédérique Bagalino, tous deux amputés d'une jambe, après avoir été opérés par le Docteur Vouaillat. Gracieuse Masciave, elle, souffre toujours quatre ans après être passée entre les mains du médecin, pour une vertèbre fracturée, alors qu'il aurait dû s'abstenir, cette femme souffrant d'ostéoporose. 

Les victimes devenues accusées ont regretté l'absence du médecin

Serge Gillet, en fauteuil roulant, lui, était absent. Trop faible et dépressif, il était représenté par ses deux filles.

Les victimes devenues accusées auraient aimé voir le docteur à l'audience mais il n’est pas venu, ce que regrette Frédérique Bagalino, amputée de la jambe après avoir été opérée de la cheville il y a dix ans par le médecin :"Nous, on assume nos propos, lui, il n'a pas eu le courage d'affronter nos regards et notre souffrance! Et en plus, il nous réclame 50.000 euros ! C'est le monde à l'envers ! Il croit nous faire peur mais on ira au bout de notre combat" promet-elle.

Une procédure "infâme", selon l'avocat des patients

Pour leur avocat, Maître Bourgin : "Attaquer ainsi ses anciens patients est "dégueulasse", parole de citoyen. C'est infâme et contraire a la déontologie qu'un médecin se retourne ainsi contre des malades. Nous avons en retour déclencher quatre procédures disciplinaires à son encontre". Et de regretter également le corporatisme et le silence du monde médical grenoblois qui "connaissait les pratiques de ce collègue et qui a laissé faire."

Je ne voulais pas donner mon client en spectacle- Maître Boulloud, avocat du chirurgien grenoblois

Maître Boulloud représentait son client : "J'avais demandé au Docteur Vouaillat de ne pas venir. Je ne voulais pas le donner en spectacle. Il est en arrêt de travail et très affecté par tout ce qu'on dit de lui dans la presse. Mais il s’exprimera le jour de l'audience. Nous voulions par cette procédure rappeler que la présomption d'innocence existe en France ! Qu'on m'apporte les preuves que ces soi-disant victimes sont dans cet état à cause de mon client !"

L'audience a été fixée au 15 juillet. Mais la présidente du tribunal a averti les parties. Pas question de faire des plaidoiries fleuve : "Nous ne sommes pas aux Assises ! La question qui est posée est : y a -t-il eu diffamation ou pas ? Nous rendrons notre jugement dans la foulée"

Interdit d'exercer pour 18 mois par le Conseil de l'Ordre

Le docteur Vouaillat est interdit d'exercer depuis le 1er mai dernier pour 18 mois par le conseil de l'Ordre pour des "manquements graves et un comportement fautif". L'enquête préliminaire, diligentée par le Parquet de Grenoble fin 2016, après avoir été saisi par la CPAM, est toujours en cours.