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Faits divers – Justice DOSSIER : Mouvement des "gilets jaunes"

Manifestation des gilets jaunes à Paris : "On n'a pas connu de situation aussi insurrectionnelle depuis mai 68"

mardi 4 décembre 2018 à 10:27 Par Véronique Saviuc, France Bleu Isère

Jean-Yves Coquillat, procureur de la République de Grenoble depuis 2012, va partir à la fin de l'année. Il a commenté l'actualité des gilets jaunes sur France Bleu Isère et évoqué l'affaire Maëlys, l'affaire qui l'a le plus marqué pendant ces 6 années passées au parquet de Grenoble

Jean-Yves Coquillat, Procureur de la République de Grenoble depuis 2012
Jean-Yves Coquillat, Procureur de la République de Grenoble depuis 2012 © Maxppp -

Grenoble, France

Les gilets jaunes

"Je me rappelle de mai 68, on n'a pas connu de manifestations aussi violentes, aussi révolutionnaires et insurrectionnelles depuis cette époque. La situation est donc extrêmement inquiétante, je n'ai jamais connu ça de toute ma carrière." Jean-Yves Coquillat n'était pas magistrat à l'époque, il était lycéen en 1968, mais il se souvient très bien des manifestations et il les compare aux violences d'aujourd'hui.

Le procureur de Grenoble a analysé la montée de la violence au sein des Gilets Jaunes en direct sur France Bleu Isère ce mardi matin et esquissé le profil des casseurs qui commencent à être jugés à Paris, comme à Grenoble. 

"On va juger à Grenoble un homme qui n'a pas d'antécédent judiciaire et qui s'est laissé emporter par la haine qui circule" — Jean-Yves Coquillat, procureur de la République de Grenoble

Jean-Yves Coquillat a analysé la montée de la violence dans le mouvement des Gilets Jaunes sur France Bleu Isère

Le procureur de Grenoble a analysé la montée de la violence au sein des Gilets Jaunes en direct sur France Bleu Isère ce mardi matin et esquissé le profil des casseurs qui commencent à être jugés à Paris, comme à Grenoble.

"Nous sommes dans une situation inédite", selon Jean-Yves Coquillat. "Nous avons une colère extrême, une violence extrême. On a des centaines de personnes qui s'en prennent aux policiers, qui sont là pour casser.  On est au-delà des revendications, il n'y a plus de limites. On est dans un mouvement qui échappe à tout contrôle". 

Sur les profils des "casseurs", ils sont, selon le Procureur, à l'image de celui qui va être jugé au tribunal correctionnel de Grenoble ce mardi après-midi : "un homme accusé d'avoir lancé un pavé sur un CRS et d'avoir apporté des armes à une manifestation. Cet ouvrier n'a pas d'antécédent judiciaire, il se laisse emporter par la haine qui circule et qui est très communicatrice. "

Les militants qui bordent le "rond-point du Minotaure" à Voreppe ont organisé un petit camp de base avec quelques provisions - Radio France
Les militants qui bordent le "rond-point du Minotaure" à Voreppe ont organisé un petit camp de base avec quelques provisions © Radio France - Nicolas Joly

"Nous sommes dans une situation inédite", selon Jean-Yves Coquillat. "Nous avons une colère extrême, une violence extrême. On a des centaines de personnes qui s'en prennent aux policiers, qui sont là pour casser.  On est au-delà des revendications, il n'y a plus de limites. On est dans un mouvement qui échappe à tout contrôle". 

Sur les profils des "casseurs", ils sont, selon le Procureur, à l'image de celui qui va être jugé au tribunal correctionnel de Grenoble ce mardi après-midi : "un homme accusé d'avoir lancé un pavé sur un CRS et d'avoir apporté des armes à une manifestation. Cet ouvrier n'a pas d'antécédent judiciaire, il se laisse emporter par la haine qui circule et qui est très communicatrice. "

L'affaire Maëlys

Interrogé sur l'affaire qui l'a le plus marqué sur les six ans passés à Grenoble, Jean-Yves Coquillat répond : "Incontestablement, l'affaire Maëlys". Il s'agit de l'affaire de la fillette âgée de neuf ans enlevée et tuée pendant une fête de mariage au Pont-de-Beauvoisin en août 2017.  

"On ne sort pas indemne d'une affaire comme l'affaire Maëlys"

Jean-Yves Coquillat revient sur ses 6 années passées au Parquet de Grenoble

Après de nombreuses recherches et battues, son corps n'a été retrouvé qu'en février dernier, sur les indications du principal suspect Nordahl Lelandais, qui est actuellement mis en examen dans 3 dossiers, le meurtre de la fillette, l'assassinat d'un chasseur alpin, le caporal Arthur Noyer en avril 2017 à Chambéry et l'agression sexuelle sur une de ses petites cousines une semaine avant la disparition de Maëlys. 

Maëlys, disparue dans la nuit du 26 au 27 août 2017 à Pont-de-Beauvoisin (Isère) - Radio France
Maëlys, disparue dans la nuit du 26 au 27 août 2017 à Pont-de-Beauvoisin (Isère) © Radio France - Véronique Pueyo

"C'est une affaire abominable , c'est une affaire dont on ne sort pas indemne. Je pense  aux enquêteurs, je pense aux juges d'instruction,  je pense  aux avocats. Toutes les affaires qui touchent les enfants qui sont tués dans ces conditions provoquent un fort affect. Et il y a une  émotion contre laquelle on lutte puisque la justice doit fonctionner avec la raison et non pas sous le coup des émotions. Il n'empêche que les émotions sont là , et que c'est difficile à vivre".