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Faits divers – Justice
Dossier : Geneviève Legay, la militante blessée à Nice

Le procureur de Nice fait ses adieux à la juridiction et contre-attaque dans l'affaire Legay

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Par , France Bleu Azur

Le procureur de la République de Nice, Jean-Michel Prêtre, quitte ses fonctions pour un poste d'avocat général à la cour d'appel de Lyon. A l'occasion de ses adieux, il s'est livré à un discours combatif et a démenti les propos que certains médias lui ont fait tenir après l'affaire Geneviève Legay.

Le procureur de la République de Nice fait ses adieux à la juridiction après 4 ans et demi à ce poste
Le procureur de la République de Nice fait ses adieux à la juridiction après 4 ans et demi à ce poste © Radio France - Marion Chantreau

Nice, France

C'est avec émotion et non sans amertume que le procureur de la République de Nice a fait ses adieux à la juridiction ce mardi, lors d'un pot de départ en présence, entre autre, du président du TGI de Nice, de nombreux magistrats, policiers, représentants de la préfecture, des avocats, du président du département... Jean-Michel Prêtre quitte son poste après quatre ans et demi de service. À 61 ans, il rejoint dès lundi la cour d'appel de Lyon en tant qu'avocat général. Une mutation qui apparaît comme une rétrogradation suite à l'affaire Geneviève Legay, dont sa gestion a été mise en cause. Une mutation proposée par le ministère de la Justice et validée par le conseil supérieur de la magistrature fin septembre. 

Un discours combatif et de "vérité"

"Je ne suis pas mort aujourd'hui, mais c'est quand même un départ." Voilà comment Jean-Michel Prêtre a entamé son discours. Ce départ qu'il vit comme "cohérent dans sa carrière" mais qui est tout de même "un arrachement".    Il a d'abord voulu souhaiter à son successeur qu'il puisse "continuer avec succès ce combat pour l'exercice serein de la justice dans ce si difficile ressort judiciaire qu'est Nice. Un combat jamais totalement gagné, selon lui et qui "laisse un certain nombre de blessés sur le champ de bataille." 

Les modalités de son départ, il considère qu'elles "portent une atteinte injuste et inacceptable _à mon honneur et à ma considération professionnell_e (...) Aucune faute disciplinaire n'était établie contre moi, cette mutation d'office pose aussi la question d'une atteinte disproportionnée à l'indépendance de l'autorité judiciaire. Ici en particulier, à l'indépendance fonctionnelle des magistrats du parquet et aux procureurs de la République."

"Mon action à Nice a dérangé des intérêts et des personnes. Mon honneur et ma considération dans ma pratique professionnelle ont été mis en cause (...) Il me parait utile ici d'affirmer mon intégrité.

Il a rappelé que le travail d'un procureur n'est pas fait pour plaire et a dit avec un sourire et une pointe de fierté qu'il considérait qu'à Nice son "travail a correctement déplu".

Jean-Michel Prêtre dément les propos du journal Le Monde

Le procureur de la République de Nice sur le départ, la gorge serrée, a souhaité contre-attaquer au sujet de l'affaire Geneviève Legay en s'adressant notamment à la presse.  "Les nombreux articles publiés à la suite de celui du Monde le 24 juillet 2019 et aujourd'hui encore me prêtent des propos que je n'ai jamais tenus" précise-t-il. 

"Je n'ai jamais menti sur les faits, jamais reconnu avoir menti ainsi que la presse le prétend, je n'ai jamais dit ou déclaré avoir voulu couvrir ou protéger le Président de la République ou ne pas avoir voulu mettre le chef de l'Etat dans l'embarras. La mise en doute de ma bonne foi n'est fondée sur rien de réel."

Le procureur de la République invite tous les professionnels de l'information à "vérifier leurs sources dans cette affaire".  Il rappelle avoir communiqué deux fois à la presse dans l'affaire Legay, avoir dit la vérité au fur et à mesure de l'avancée des investigations, ce qui était établi par l'enquête et ce qui ne l'était pas. "Quand l'exploitation des vidéosurveillances de la ville a montré que Madame Legay avait été poussée par un policier, j'ai rendu publique cette information.

Soutien du président du TGI de Nice

Jean-Michel Prêtre a reçu le soutien du président du TGI de Nice, Marc-Jean Talon, qui lui a adressé ses "regrets complets et sincères."Le président du TGI a loué les qualités de "sang-froid, de responsabilité" de Jean-Michel Prêtre face "à la tempête judiciaire qu'il a dû affronter". "J'ai constaté ce que peut être un homme seul face à la déferlante médiatique, sans disposer de moyens juridiques pour y faire face. Si les médias avaient pu titrer #balancetonproc ils l'auraient fait."

Le procureur de la République est aussi revenu sur son travail à Nice pendant quatre ans et demi, les épreuves traversées comme le travail mené pendant la vague migratoire inédite de 2015 et "ces exploiteurs de malheur que sont les passeurs", "l'horreur de l'attentat du 14 juillet 2016", il a d'ailleurs tenu a faire une minute de silence en hommage aux victimes, en clôture de son discours. En rappelant "notre mission est de rendre justice, ce n'est d'abord pas pour notre administration que nous travaillons mais pour donner à chaque citoyen ce qui lui est dû, c'est à dire une réponse à sa demande de justice."

L’avocat général Yvon Calvet, présent à ses côtés, assurera l’intérim à la tête du parquet de Nice, en attendant l'arrivée du nouveau procureur Xavier Bonhomme, à la fin du mois, précédemment procureur de Pointe-à-Pitre. 

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