Faits divers – Justice

Le prof de Poitiers soupçonné d'agressions sexuelles reconnaît des "relations", pas des "agressions"

Par Rivière Isabelle, France Bleu Poitou jeudi 9 avril 2015 à 11:57

A Poitiers, le professeur de Philo soupçonné de'agressions sexuelles sur 3 de ses anciennes élèves est toujours en garde à vue au commissariat. L'une des plaignantes est toujours scolarisée dans l'établissement. Entendu en janvier par sa hiérarchie, il a reconnu des "relations", mais pas d'agressions.

Le professeur de philo du lycée Camille Guérin est toujours en garde à vue ce jeudi midi au commissariat de Poitiers.

Il est accusé d’agressions sexuelles par 3 de ses anciennes élèves de terminale, toutes scolarisées à Camille Guérin l'an dernier. 2 jeunes majeures qui depuis ont eu leur bac et sont partie, ainsi qu’une autre élève de 17 ans qui est toujours scolarisée dans l'établissement aujourd'hui puisqu'elle a redoublé.

C’est la jeune fille de 17 ans qui se confie à l’infirmière scolaire

C'est elle qui donne l'alerte en décembre dernier : Une semaine avant les vacances. Elle se confie à l'infirmière scolaire puis à la psychologue de l'établissement qui reconnaît une vraie souffrance de l’élève.

Le rectorat est alerté le 17 décembre 2014.Entre temps, les parents ont été reçus par les responsables de l'établissement. C'est la maman qui convainc sa fille de porter plainte.

Dès lors, tout est fait pour protéger l'adolescente. Pour éviter la confrontation, trop dure avec l'enseignant mis en cause, l'élève est dispensée de cours de philo. Elle reçoit des cours supplémentaires par le CNED.

Le professeur de philo reconnaît des « relations » pas des « agressions »

Le prof de philo, lui, est entendu à la rentrée de janvier. Un peu surpris, il reconnaît des relations mais nie en bloc toute agression sexuelle.

Des faits qui se seraient déroulés en août dernier, au cours d'une soirée privée organisée chez le professeur, alors que les cours étaient terminés.

Dès qu'il a reçu le courrier du Parquet en février 2015, le mis en cause qui enseigne depuis plusieurs années dans cet établissement, a décidé d'arrêter ses cours. Il est en arrêt maladie depuis un mois.

Protéger les élèves avant tout !

Au sein de l’établissement, le professeur mis en cause a été remplacé par un autre enseignant venu de Thouars en février dernier.

Une réunion a eu lieu à ce moment-là avec élèves, parents et personnels encadrant. Chacun a pu faire part de ses inquiétudes quant à la situation. A deux mois et demi du bac, tout est fait pour préserver cette classe de terminale et ménager la tranquillité des autres élèves de l’établissement.

Le Parquet, lui appelle à la plus grande prudence : « Nous ne sommes qu’au début de cette affaire », insiste Nicolas Jaquet, le procureur de la République de Poitiers, qui devrait faire une conférence de presse dans la soirée pour faire le point sur l’avancée de ce dossier. 

Le ministère de l'Education  a confirmé le placement en garde à vue. L'hypothèse d'une éventuelle suspension de l'enseignant sera examinée dans le cas où l'enseignant serait mis en examen a précisé le ministère à l'AFP.