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Le quartier de la Négresse à Biarritz, au cœur d'un conflit judiciaire

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Par , France Bleu Pays Basque

Le militant associatif Karfa Diallo à la barre du tribunal de Bayonne ce jeudi pour des faits de rébellion qu'il conteste. Lui se dit victime de violences policières. Il avait été arrêté à Biarritz alors qu'il manifestait en plein G7, pour demander le changement de nom du "quartier de la Négresse".

Karfa Diallo à son arrivé au tribunal judiciaire de Bayonne en compagnie de l'un de ses avocats William Bourdon
Karfa Diallo à son arrivé au tribunal judiciaire de Bayonne en compagnie de l'un de ses avocats William Bourdon © Radio France - Paul Nicolaï

Costume bleu et cravate rouge, Karfa Diallo avoue un "sentiment d'humiliation de se retrouver devant un tribunal". Lui, le militant pacifiste de l'association bordelaise "Mémoires et Partages" s'insurge vigoureusement contre l'ensemble des faits qui lui sont reprochés. Le Franco-Sénégalais de 49 ans doit répondre de rébellion. Des faits qu'il aurait commis le 22 août 2019 en gare de Biarritz en plein G7. Ce jour là, il participait à une petite manifestation pour demander le changement de nom du "quartier de la Négresse", mais l'affaire tourne au vinaigre avec la police. 

L'acte de "rébellion" contesté

La manifestation n'est pas déclarée mais, dans un premier temps, se passe bien. Au bout de quelques minutes, la police lui demande de quitter les lieux et d'arrêter d'importuner les passants. Le militant refuse, "pacifiquement" raconte-t-il au tribunal. Il est saisi par les bras et transporté à l'intérieur de la gare où il affirme avoir été victime d'un plaquage ventral. "J'ai eu peur d'y passer" assure Karfa Diallo.  "Cette histoire aurait pu mal se terminer" pour l'un de ses avocats, maître William Bourdon : "Je ne dis pas que tous les policiers mentent, je ne fais pas le procès de la police, il y a une habitude chez certains policiers poussés par certains syndicats, quand un contrôle se révèle arbitraire, de riposter en scénarisant un délit de rébellion." L'avocat a plaidé la relaxe. 

Il y a une habitude chez certains policiers poussés par certains syndicats, quand un contrôle se révèle arbitraire, de riposter en scénarisant un délit de rébellion. - Maître Bourdon

Aucune violence policière selon la procureure de la République, Stéphanie Clérisse. A ses yeux, les images et vidéos montrent que le prévenu importunait les passants et que c'est, au contraire, l'un des deux agents qui a été blessé au cours de l'interpellation. Même tonalité du côté de la défense des deux policiers qui rappelle que la manifestation était illégale et que Karfa Diallo n'a pas été blessé. L'avocat des parties civiles demande 500 euros de dommage et intérêt pour le premier fonctionnaire et un euro symbolique pour le second, le commissaire Matthieu Valet, secrétaire national adjoint du Syndicat Indépendant Commissaires Police, alors présent dans le cadre des renforts pour le G7 à Biarritz. La procureure requiert pour sa part une amende de 500 euros. Le jugement sera rendu le 14 janvier 2021. 

Le débat de fond fera l'objet d'un autre procès

Lors de l'audience, le débat sur le nom du "quartier La Négresse" a été évoqué. Le prévenu, Karfa Diallo, étant également écrivain et poète, le président du tribunal, Laurent Tignol, est brièvement sorti de la procédure pour lui demander : "Le terme Négresse n'est-il pas chargé d'une certaines poésie qui n'est pas totalement péjorative ?" Le prévenu lui a répondu qu'il s'agissait, selon lui, d'une utilisation politique et sexuée intolérable du corps de la femme noire.

Une autre procédure devant le tribunal administratif de Pau est en cours. Elle a été engagée par les avocats de Karfa Diallo afin de faire changer le nom du quartier biarrot de la Négresse. L'association "Mémoire et partage" reproche à Maider Arosteguy d'avoir refusé de mettre le sujet à l'ordre du jour d'un conseil municipal.

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