Faits divers – Justice DOSSIER : L'enlèvement de Bérényss

Le ravisseur présumé de Bérényss mis en examen et écroué

Par Marina Cabiten, France Bleu Lorraine Nord et France Bleu Sud Lorraine jeudi 30 avril 2015 à 8:34

Le domicile du ravisseur présumé de Bérényss
Le domicile du ravisseur présumé de Bérényss © MaxPPP

Le ravisseur présumé de Bérényss, un agriculteur de 48 ans interpellé mardi en Meuse, a été mis en examen et écroué mercredi soir, après avoir été confondu par son ADN retrouvé sur des sous-vêtements de la fillette de 7 ans et par le récit de sa victime.

"Il a reconnu les faits d'enlèvement mais il conteste les faits d'agression sexuelle", a précisé le procureur de Briey, Yves Le Clair, suite à la mise en examen mercredi soir du ravisseur présumé de Bérényss. L'agriculteur a également été écroué.

"Un type obstiné, très têtu"

"Il s'excuse auprès des parents", a déclaré son avocate, Me Caroline Pelas-Renoir. Ce père de trois enfants a été mis en examen pour "enlèvement, séquestration et agression sexuelle sur mineure". Ces faits sont passibles de 10 ans d'emprisonnement et 150.000 euros d'amende. Depuis son arrestation mardi matin à l'aube, il était resté prostré, refusant de collaborer avec les gendarmes.    Mais finalement, "il a donné de vraies explications au juge d'instruction, il prend conscience de ce qui se passe et des conséquences. Il regrette de ne pas avoir parlé en garde à vue et il est très affecté par ce qu'il a fait", a précisé son avocate.

Présenté par un de ses anciens avocats comme "un type obstiné, très têtu", doté d'"une personnalité fruste, pas forcément accessible à une entière compréhension", cet agriculteur en difficultés financières avait dû se soumettre, début avril, à un prélèvement d'ADN pour inscription au fichier national des empreintes génétiques. Il y avait été contraint dans le cadre d'une autre plainte pour agressions sexuelles déposée par trois proches, dont deux de ses nièces. L'homme est mis en examen pour avoir enlevé Bérényss, jeudi dernier vers 15H00, alors qu'elle faisait du vélo dans son village, Sancy, en Meurthe-et-Moselle, tout près de chez elle.

L'alerte enlèvement déterminante 

Le rapt a duré 8 heures. L'homme a emmené la fillette à sa ferme de Montzéville (Meuse). "Si elle n'a pas subi des violences au sens commun du terme", elle a bien été victime d'agressions sexuelles, "c'est-à-dire d'actes contraires à la pudeur de la victime mettant directement en cause son corps", selon le procureur Yves Le Clair. Jeudi vers 23H00, il avait finalement relâché sa captive, à Grandpré, dans le département voisin des Ardennes. Selon le procureur, le déclenchement de l'alerte enlèvement quelques heures après le rapt de l'enfant a été "déterminant" pour convaincre le ravisseur de relâcher son otage. "Quelqu'un de sa famille lui a envoyé un SMS, jeudi, à 22H25, lui faisant part du déclenchement d'une alerte enlèvement et d'un suspect conduisant un véhicule blanc, similaire au sien. Nous sommes donc certains qu'il se savait recherché", a confirmé une source proche du dossier.

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