Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Faits divers - Justice

Licencié à cause d'une photo, l'agent de propreté de la Mairie de Paris se défend aux prud'hommes

-
Par , France Bleu Paris, France Bleu

La photo prise par un passant dans la rue avait fait le buzz en 2018. Le rippeur employé par un sous-traitant de la mairie de Paris réclamait justice au conseil des prud’hommes de Créteil ce mardi, après avoir été licencié.

Adama Cissé à la sortie du conseil des prud'hommes de Créteil.
Adama Cissé à la sortie du conseil des prud'hommes de Créteil. © Radio France - Faustine Mauerhan

Créteil, France

L’internaute ne pensait sûrement pas que l’affaire irait aussi loin. Sauf qu’une semaine après le buzz sur Twitter, le rippeur pris en photo en train de dormir sur le rebord d’une vitrine à Châtelet, en septembre 2018, a été licencié pour faute grave. Une décision de son entreprise à lui, prestataire pour la ville de Paris. Ce mardi 14 janvier, au conseil des prud’hommes de Créteil dans le Val-de-Marne, Adama Cissé contestait la faute grave et demandait la requalification en licenciement sans raison réelle et sérieuse.

Une mauvaise image de la société et de son client

C’est sans avertissement, sans mise à pied, sans préavis que le sort d’Adama Cissé avait été scellé. Viré pour avoir nuit à l’image de marque de sa société, et à travers elle de son client : la mairie de Paris. Il avait suffit d’un e-mail de la municipalité pour convoquer un entretien préalable à licenciement.
 

La capture d'écran du tweet incriminé. - Aucun(e)
La capture d'écran du tweet incriminé. - Capture d'écran Twitter

"Mais reproche-t-on à ce rippeur d’avoir mal travaillé ce jour-là ?", a demandé l’un des conseillers à l’avocate du prestataire. Non, mais d’avoir pris une pause plus longue que prévu (50 minutes au lieu des 20 réglementaires d’après les relevés GPS du camion), de s’être allongé et d’avoir retiré ses chaussures de sécurité. Mais dans ce métier, on travaille en "équipage", explique Me Joachim Scavello pour le rippeur. "C’est le conducteur du camion benne qui en est à la tête et décide de l’heure de la pause." Sauf que lui, n’a pas été sanctionné pour les 50 minutes d’arrêt.

Quant aux chaussures, radio à l’appui, l’avocat de la défense justifie encore : "Mon client souffre des chevilles suite à une opération ancienne." L’entreprise devra produire le rapport du médecin du travail pour confirmer qu’elle n’était pas au courant.
 

Une photo "volée" vaut-elle comme preuve ?

Mais au-delà de ça, c’est bien la photo qui déclenche la procédure. "Les conseillers prud’hommaux vont devoir dire si une photo volée vaut preuve", résume donc Me Scavello. "On va nous dire la preuve est libre, ok, sauf abus contraire. Pour moi c’est une photo volée et on ne peut pas se baser sur un document volé, quel qu’il soit, pour appuyer une décision".

Une plainte contre le twittos

Viré donc pour avoir été au mauvais endroit au mauvais moment ? En tout cas, Adama Cissé ne compte pas en rester là avec le responsable de ses malheurs. "Oui j’en veux à la personne qui a pris la photo et qui a posté son message [Ndlr : "voilà à quoi servent les impôts locaux des Parisiens à payer les agents de propreté à roupiller, on comprend pourquoi Paris est si dégueulasse."] sans même venir me demander si j’allais bien. Moi j’ai des enfants, je travaille pour nourrir ma famille. Ce n’est pas bien ce qu’il m’a fait. Ce n’est pas normal."

Aujourd’hui l’ancien rippeur et son avocat envisagent de porter plainte.

Maitre Joachim Scavello, avocat d'Adama Cissé. - Radio France
Maitre Joachim Scavello, avocat d'Adama Cissé. © Radio France - Faustine Mauerhan
Choix de la station

À venir dansDanssecondess

France Bleu