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Faits divers – Justice

Le Samu 41 mis en cause dans la mort d'un garçon de 13 ans, une information judiciaire ouverte

samedi 22 décembre 2018 à 7:24 Par Cyrille Ardaud, France Bleu Orléans et France Bleu

En 2014, Amaury 13 ans, mourrait des suites d'une tumeur cérébrale. Convaincus que leur fils a perdu la vie à cause d'une mauvaise prise en charge du Samu du Loir-et-Cher, ses parents avaient porté plainte. Le parquet de Blois a décidé d'ouvrir une information judiciaire pour homicide involontaire.

Amaury - archives familiales
Amaury - archives familiales

Romorantin-Lanthenay, France

Ses parents avaient pris la parole sur France Bleu Orléans pour exprimer leur colère. Suite à l'affaire Naomi Musenga, cette jeune femme de 22 ans décédée après avoir été moquée au téléphone par une opératrice du Samu à Strasbourg, la famille Boyer avait décidé de raconter son histoire, similaire, intervenue quatre ans plus tôt.

Enchaînement d'erreurs humaines

En 2014, une tumeur au cerveau est détectée sur Amaury Boyer. Il a alors 13 ans et vit dans le Loir-et-Cher. Opéré au CHU de Tours début novembre, il est ensuite autorisé à rejoindre son domicile de Langon-sur-Cher. Mais dans la nuit du 11 au 12 novembre, son état se dégrade fortement. Au matin, sa mère prend conseil auprès du médecin traitant, et du CHU de Tours. On l'informe qu'elle doit contacter le Samu afin que l'adolescent soit très rapidement hospitalisé. Une succession d'erreurs humaines retardera fortement sa prise en charge : il sera par exemple amené d'abord au centre hospitalier de Romorantin, loin d'être équipé pour prendre en charge un tel patient.

Extraits de l'appel de Ghislaine Boyer au Samu 41, le matin du 12 novembre 2014

Le personnel médical sera entendu

Après le décès de leur fils, le 1er décembre 2014, les parents attendent trois ans avant de déposer plainte contre le CH de Blois, le CH de Romorantin, le CHU de Tours, et contre le médecin régulateur du Samu 41. S'en suivent neuf mois d'enquête préliminaire. Début décembre 2018, le parquet de Blois a décidé d'ouvrir une information judiciaire afin de déterminer les responsabilités de chacun. Frédéric Chevallier est le procureur de la République de Blois : "Ça va permettre aux gens visés par la plainte de participer à l'enquête devant le juge d'instruction. Ils pourront développer leur point de vue, leur version des faits, les conditions dans lesquelles ils ont été emmenés à prendre en charge l'enfant."

"Ils n'ont laissé aucune chance à Amaury."

Les parents d'Amaury sont surpris par cette qualification d'homicide involontaire. Pour sa maman, Ghislaine Boyer, c'est une bonne nouvelle : "Amaury est parti le 1er décembre 2014. Je sais que la justice prend du temps dans notre pays, mais j'avais confiance. On a été étonné par la qualification des faits. On s'attendait à 'non assistance à personne en danger ayant entraîné la mort. On espérait la qualification d'homicide involontaire, pour moi c'est le cadeau de Noël à Amaury. Le mot homicide est important. C'est un meurtre. On veut des réponses. Pourquoi n'ont-ils pas appelés le CHU de Tours ? Ils n'ont laissé aucune chance à Amaury."

"Je sais que la justice prend du temps dans notre pays, mais j'avais confiance." Ghislaine Boyer, la maman d'Amaury

La maman de l'adolescent espère que les leçons seront tirées de ces erreurs consécutives : "Je ne veux pas qu'Amaury soit mort pour rien. Réfléchissons aux dysfonctionnements qui se sont enchaînés et qui font qu'un petit bonhomme de 13 ans a perdu la vie et faisons en sorte que ça ne se reproduise plus. D'autres part nous ne sommes pas tous égaux par rapport aux hôpitaux. Si nous avions habité à Tours, nous aurions amené Amaury au CHU, et il serait toujours parmi nous aujourd'hui."

Aujourd'hui le souhait des parents d'Amaury, c'est qu'un procès ait lieu. Ils le savent ce ne sera pas obligatoirement le cas, et surtout, ça pourrait prendre beaucoup de temps.

Réécoutez les explications de France Bleu Orléans