Faits divers – Justice

"Le sang coule en prison, on a peur"

Par Ruddy Guilmin, France Bleu Maine jeudi 29 septembre 2016 à 11:28

Vincent Le Dimeet est surveillant de prison à Coulaines et délégué national du syndicat FO pénitentiaire
Vincent Le Dimeet est surveillant de prison à Coulaines et délégué national du syndicat FO pénitentiaire © Radio France

Les surveillants pénitentiaires sont appelés à la grève aujourd'hui partout en France par le syndicat FO. Agressions, prises d'otages, mutineries, les agents dénoncent des conditions de travail toujours plus compliqués. Des établissements, comme la maison d'arrêt de Coulaines, sont bloqués.

Alors qu'une énième agression de surveillants s'est déroulée mardi au centre pénitentiaire de Condé-sur-Sarthe, près d'Alençon, les gardiens de prison n'hésitent plus à l'avouer : "Aujourd'hui, nous sommes débordés, dépassés par ce qui se passe, souligne Vincent Le Dimeet, délégué national FO pénitentiaire, que ce soit en terme de moyens humains ou de profils de détenus, qui se durcissent et qui n'ont plus peur de l'uniforme." Le syndicat appelle donc les surveillants à se mobiliser et à bloquer les prisons aujourd'hui afin de faire entendre leur désarroi. La maison d'arrêt de Coulaines, près du Mans, est bloquée depuis ce matin. Personne ne peut entrer, y compris les familles venues pour un parloir.

Chaque matin, on se demande : "À qui le tour ?"

Agressions, prises d'otage (notamment à Coulaines cet été) ou encore mutineries, ces derniers mois, la situation est devenue "explosive" poursuit Vincent Le Dimeet : "Les agents sont à bout et se posent la question à chaque fois qu'ils passent la porte de la prison chaque matin, à qui le tour?" Partout, les surveillants sont de plus en plus exposés à des détenus radicalisés, prêts à passer à l'action à n'importe quel moment, comme à Osny début septembre, où deux surveillants ont été sérieusement blessés. "Il y a du sang qui coule aujourd'hui dans les prisons et on a peur qu'un jour un agent reste sur le carreau".

Parmi les revendications du syndicat : la possibilité, pour les surveillants des quartiers d'isolement ou disciplinaires d'êtres armés de pistolets à impulsion électrique type Taser. "Aujourd'hui, nous n'avons aucun moyen de défense, il faut qu'on s'adapte à la population et que ça se fasse le plus vite possible."