Faits divers – Justice

Le sort d'Inès entre les mains du tribunal administratif de Nancy

Par Angeline Demuynck, France Bleu Lorraine Nord, France Bleu Sud Lorraine et France Bleu mercredi 13 septembre 2017 à 17:13

L'audience s'est tenue à huis-clos devant le tribunal administratif de Nancy
L'audience s'est tenue à huis-clos devant le tribunal administratif de Nancy © Radio France - Angeline Demuynck

La justice doit trancher ce jeudi sur le sort d'Inès, une adolescente de 14 ans maintenue en vie artificiellement depuis deux mois et demi. Les médecins du CHU de Nancy recommandent l'arrêt des soins. Les parents de la jeune fille s'y opposent.

L’hôpital de Nancy pourra t-il "débrancher" Inès? Le délibéré est attendu ce jeudi matin. L'adolescente du Pays-Haut qui souffre d'une maladie neuro-musculaire, est dans le coma depuis 2 mois et demi après un arrêt cardiaque. Les médecins de l'hôpital recommandent l'arrêt des traitements. Mais pour les parents de la jeune fille de 14 ans, la situation n'est pas irrémédiable. Ils ont saisi en référé le tribunal administratif pour suspendre la décision d'arrêt des soins. L'audience s'est tenue à huis-clos ce mercredi.

Accepter une décision aussi dramatique, ça ne peut pas se faire en quelques semaines" Frédéric Berna, l'avocat des parents d'Inès

"Les parents ont l'impression qu'Inès réagit à certains stimuli contrairement à ce que dit l'équipe médicale, explique leur avocat Frédéric Berna. Surtout ils ont le sentiment que l'équipe médicale n'a pas la volonté de tout tenter, considérant que le jeu n'en vaudrait pas la chandelle". Pour la mère d'Inès, cela va même plus loin : "elle a l'impression qu'on veut libérer une place en réanimation et qu'on lui force la main", résume l'avocat. Le couple demande du temps, pour "pouvoir prendre une décision avec le recul suffisant".

Bertrand Marrion, l'avocat du CHU de Nancy (à gauche) et Fréderic Berna, l'avocat des parents d'Inès juste avant l'audience - Radio France
Bertrand Marrion, l'avocat du CHU de Nancy (à gauche) et Fréderic Berna, l'avocat des parents d'Inès juste avant l'audience © Radio France - Angeline Demuynck

"La suite logique" de la prise en charge d'Inès

Le CHU lui nie toute pression. "On a juste essayé avec les équipes médicales de ne pas précipiter les choses, de manière à ce qu'ils puissent faire le chemin nécessaire pour, éventuellement, prendre une décision d'arrêt des soins, tout en leur disant qu'on n'irait pas contre leur volonté," explique Aurore Plénat, le directrice du service juridique de l'hôpital nancéien. Autrement dit, comme le confirme l'avocat du CHU : "il n'est pas question de débrancher Inès sans l'accord des parents".

Pour maître Bertrand Marion, il s'agissait simplement d'appliquer "la procédure collégiale prévue par le code de la santé publique, validée par le Conseil constitutionnel et par la Cour européenne des droits de l'Homme dans la suite de l'affaire Vincent Lambert." Les parents d'Inès contestent les conclusions de cette procédure. Ils réclament une expertise indépendante avant de prendre leur décision.