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Faits divers – Justice

Le suicide d'une employée de l'ADAPEI 53 divise les Prud'hommes de Laval

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Par , France Bleu Mayenne

Véronique Louvel s'est-elle suicidée à cause de son licenciement ? Son travail à l'ADAPEI 53 lui a-t-il causé une grave tendinite au bras ? La famille attend beaucoup du conseil des prud'hommes qui s'est penché sur l'affaire ce jeudi, choquée et meurtrie par la défense de l'entreprise.

 Le conseil des prudhommes doit rendre son délibéré en octobre.
Le conseil des prudhommes doit rendre son délibéré en octobre. © Radio France - Willy Moreau

Château-Gontier, France

C'est une salle divisée qui a suivi ce jeudi matin pendant deux heures les plaidoiries des avocats. D'un côté, les nombreux soutiens à la famille de Véronique Loubel, une mayennaise qui s'est donnée la mort en février 2018. De l'autre, seul, l'avocat des dirigeants de l'ADAPEI 53.

Un licenciement sans cause réelle et sérieuse ?

Ils sont nombreux ce jeudi matin à ne pas comprendre l'absence de la direction pourtant cible de leurs critiques après la mort d'une de leur collègue, Véronique Loubel, une mère de famille qui a mis fin à ses jours en février 2018. Celle-ci a travaillé pendant 25 ans en tant qu'agent d'entretien à l'Institut Médico-Éducatif de Château-Gontier. 

Jean-Marie Gabriac, le responsable des ressources humaines explique que les dirigeants ne voulaient pas mettre de l'huile sur le feu : "Nous ne voulions pas attiser des tensions avec les syndicats sur place"

Symptomatique d'un management qui a oublié l'humain pour Bénédicte, une ancienne collègue de Véronique Loubel. Elle se dit écœurée : "Je suis très déçue. On se dit qu'on est mal considérés en tant que salariés. Nous en avons ras-le-bol alors que nous sommes dans un métier où nous donnons beaucoup de notre temps, il y a un manque de reconnaissance cruel"

Le mari de Véronique Loubel, Thierry, regrette d'ailleurs que son épouse ait été traitée comme "un objet", il attend beaucoup de cette audience : "Je me bats pour mes enfants et pour mon épouse. Même si je perds, je me dis que j'aurais fait ce que j'avais à faire, au moins pour elle et son honneur"

Mathilde, la fille de Véronique Loubel attend beaucoup de l'audience "pour passer à autre chose".

Les débats portent sur les causes du licenciement jugé sans cause réelle et sérieuse pour Me Bernard qui représente la famille Louvel : "L'employeur n'a pas fait tout ce qui pouvait être fait pour maintenir cette personne à son poste de travail". Face à elle, Me Chariou engagé par l'ADAPEI, met en avant des efforts : "Le licenciement est justifié par l'impossibilité du reclassement de Mme Louvel sur un poste de veilleur de nuit. Elle l'a refusé et elle a le droit mais nous n'avions pas d'autre alternative de prononcer son licenciement"

"On ne pas faire de causalité précise entre le licenciement et le suicide", Jean-Marie Gabriac

Ce licenciement intervenu en 2017, six mois plus tôt avant le passage à l'acte est, pour Thierry Loubel, la cause du passage à l'acte de son épouse : "Je l'affirme, c'est dû à son licenciement. Ça se passait très mal. Elle a été licenciée comme du linge sale. C'était un ras-le-bol, une lassitude de tout ça". L'ADAPEI, elle, ne reconnait pas ce lien de causalité. 

Il n'y a pas de lien de causalité entre le licenciement et le suicide Véronique Louvel pour Jean-Marie Gabriac.

La famille réclame 30.000 euros à titre de dommages et intérêts pour licenciement sans cause réelle et sérieuse. Le délibéré sera rendu le 10 octobre 2019