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Drame de Courville : le terrible calvaire d'une jeune fille marnaise entre meurtre, séquestration et viol

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Par , France Bleu Champagne-Ardenne, France Bleu

Un Rémois de 41 ans mis en examen et placé en détention provisoire pour le meurtre d'un homme, l'enlèvement et le viol d'une étudiante jeudi à Courville. L'agresseur présumé a déjà passé 22 ans de sa vie derrière les barreaux. Jeudi soir, il s'en est pris à un jeune couple de Marnais.

C'est sur ce parking sur la commune de  Courville que le couple a commencé à être agressé.
C'est sur ce parking sur la commune de Courville que le couple a commencé à être agressé. © Maxppp - RW / Maxppp

Ce jeune couple s’était juste arrêté sur un parking, jeudi dernier vers 20 heures dans la commune de Courville dans la Marne, située à quelques kilomètres du village où ils résidaient. Juste un moment pour décider ensemble de ce qu’ils allaient faire de leur soirée. Ce bref arrêt allait tourner au cauchemar. Coûtant la vie à un jeune homme de 19 ans, sa compagne, à peine plus âgée, allait elle vivre un véritable calvaire, entre séquestration et viol. 

Car ce soir-là, ils ont malheureusement croisé la route de Rudy Carlin, un Rémois âgé de 41 ans, condamné 27 fois entre 1998 et 2018, essentiellement pour des faits de vols, ou vols aggravés, infractions routières, et plus ponctuellement des faits de violences, ou d’enlèvement. Il a cumulé, depuis 1998, 268 mois de prison ferme, soit plus de 22 ans. Il était sorti de détention en mars 2020, où il venait de purger une peine de deux ans d’emprisonnement prononcée par le tribunal correctionnel, de Châlons-en-Champagne en août 2018. Il avait purgé toutes ses peines, et ne faisait l’objet d’aucun sursis probatoire ni d’un suivi judiciaire. Mais il n’en avait donc pas terminé avec son parcours délictuel et désormais meurtrier.

Jeudi soir, sur ce parking de Courville, Rudy Carlin s’est positionné sur le parking, avec son Audi noire volée, à la hauteur du véhicule du couple. Il leur a demandé "s’ils savaient où l’on pouvait acheter du shit", puis est descendu de son véhicule, armé d’un fusil.

Le jeune homme et sa compagne ont essayé de fuir mais ils n’ont pas réussi à démarrer leur véhicule. 

Armé de son fusil, Rudy Carlin a obligé le jeune homme à sortir de sa voiture et sa compagne à monter dans le coffre de son Audi noire. C’est au moment où le jeune homme a tenté de s’interposer, allant au secours de sa compagne, que Rudy Carlin a tiré. Le jeune homme s’est alors effondré au sol. Il décédera un peu plus tard des suites de ses blessures.

L’autopsie pratiquée samedi a établi qu’il avait été tué d’un seul coup de feu à l’abdomen porté à moins d’1 mètre de distance, causant une très importante hémorragie. Il n’avait d’ailleurs que très peu de sang dans son corps au moment de cette autopsie.

La jeune fille séquestrée dans le coffre du véhicule

L’agresseur, toujours sous la menace du fusil, a alors obligé la jeune fille à monter dans le coffre de son véhicule. Cette dernière qui avait conservé avec elle son téléphone portable, a eu la présence d’esprit d’appeler les pompiers, qui ont eux averti les gendarmes. Elle a également laissé un message à sa mère. Rudy Carlin a stoppé son véhicule quelques minutes plus tard, a fait sortir la jeune fille et ayant compris qu’elle avait son téléphone, lui a pris avant de le jeter dans la nature. Il l’a une nouvelle fois menacé pour savoir si elle avait d’autres moyens de communication sur elle. C’est lors de cette discussion qu’il lui a exposé ses motivations. Lui indiquant qu’il sortait de prison et "qu’il cherchait une fille à qui faire l’amour".

Ils ont ensuite repris la route, la jeune fille a pu prendre place à l’arrière de l’habitacle de la voiture, non sans avoir auparavant été attachée les deux genoux ensemble avec une ceinture, et les mains avec un tee-shirt. Rudy Carlin, également armé d’un couteau, lui a expliqué ensuite qu’il cherchait à faire le plein d’essence. Lui assurant à plusieurs reprises qu’il la libérerait une fois le plein fait. 

Ils se sont ensuite arrêtés sur le commune de Saint-Hilaire le Grand. L’agresseur a alors détaché sa victime, pour qu’elle puisse faire quelques pas. Il était environ 22h30 selon le témoignage de la jeune fille. Avec beaucoup de sang froid, elle a cherché à le faire parler pour éviter toute agression sexuelle. Il s’est alors beaucoup confié à elle tout au long de la nuit, évoquant sa famille, ses vacances, ses incarcérations, sa vie amoureuse…

"Il se sentait obligé de la violer car il n’avait pas tiré sur son copain pour rien"

Avant d’ajouter froidement, selon les déclarations de la victime, "qu’il se sentait obligé de la violer car il n’avait pas tiré sur son copain pour rien". Elle arrivait à le convaincre de ne pas passer à l’acte mais à reprendre la route pour la déposer sur Fismes. Une nouvelle tentative pour faire le plein d’essence échouait à Châlons-en-Champagne, la station étant fermée. L’agresseur lui indiquait alors qu’il la libérerait après 5 heures, une fois qu’il aurait pu faire un plein sans payer à l’occasion de l’ouverture des autres stations.

Ils sont alors repartis vers Saint-Hilaire-Le-Grand. Tout au long de la nuit, selon la victime, son agresseur a consommé une bouteille de vodka orange, a fumé des joints et sans doute des produits de substitution. Peu avant 6 heures du matin, alors que la victime pensait qu’il allait enfin la libérer, Rudy Carlin la menaçait verbalement, lui imposait de se dévêtir partiellement, puis lui imposait des caresses de nature sexuelle sur le corps. Il l’a finalement violée à plusieurs reprises dans le véhicule. Après son calvaire, la jeune fille a réussi à convaincre son agresseur qu’il reparte en vue de la libérer. Il l’a laissée au rond-point de la commune de Gueux, sans savoir que la gendarmerie se trouvait à quelques centaines de mètres, où la jeune fille a pu se réfugier.

Les gendarmes ont réussi à mener des investigations très rapides grâce à la collaboration de la jeune fille qui, malgré ce qu’elle venait de vivre, a donné de précieuses indications aux enquêteurs avec beaucoup de sang froid malgré ce qu'elle endurait. 

Rudy Carlin a prêté son téléphone portable pour que sa victime rassure sa mère

Avec notamment cet appel passé à sa mère avec le téléphone de l’agresseur, ce dernier lui ayant prêté pour lui permettre de la rassurer. Les moyens d’investigations, avec la téléphonie, ont permis aux enquêteurs de vite remonter vers Rudy Carlin, très défavorablement connu de par ses multiples condamnations. La jeune fille l’a même formellement reconnu sur une photo que les enquêteurs lui ont présentée. 

Les gendarmes de la section de recherche de Reims ont réussi à retrouver la trace de l’agresseur chez l’une de ses amies à Jonchery-sur- Suippes. L’antenne GIGN de Reims a procédé à l’interpellation vendredi soir, alors que l’homme se trouvait à l’extérieur sans son arme. Il a tenté de fuir mais a été rapidement maîtrisé. 

En tout, l’enquête a mobilisé plus de 100 gendarmes sous la direction de la Section de recherche de Reims.

Rudy Carlin a été  placé en garde à vue vendredi soir pour meurtre, enlèvement, séquestration, agressions sexuelles et viols et vol. Son véhicule ainsi que les armes avait été volés quelques jours plus tôt dans l’Aisne à une de ses connaissances.

Il a reconnu immédiatement l’intégralité des faits, à l’exception d’avoir voulu tuer le compagnon de la jeune fille, expliquant qu’il s’agissait d’un accident. Il a déclaré aux gendarmes qu’il était en chasse d’une fille, qu’il était passé devant le couple en voiture, qu’il avait vu une fille, qu’il avait alors fait demi-tour et mis des cartouches dans le fusil. Il a reconnu avoir tiré sur le jeune homme qui tentait de s’interposer, mais il pensait que la blessure n’était pas grave s’agissant de plombs, et que le monde qui se trouvait à proximité allait venir le secourir.

"Tout ça pour un rapport sexuel de merde..."

Il a par ailleurs affirmé qu’il avait pensé à se rendre, sachant qu’il allait être retrouvé après avoir laissé sa victime utiliser son propre téléphone pour appeler sa mère. Une incohérence de plus dans son comportement et ses discours, entre moments où il se rendait compte de la gravité de la situation et d’autres où il s’est comporté en "prédateur".

"Il se qualifiait de dingue, de gentil et de méchant, précise le Procureur de Reims, Matthieu Bourrette. Il se rendait compte de la gravité des faits ajoutant 'tout ça pour un rapport sexuel de merde'".

Une information judiciaire a été ouverte pour les chefs de meurtre en récidive pour avoir été condamné pour un délit passible de 10 ans d’emprisonnement en 2002 (détention de produits stupéfiants), suivis de viols en récidive (même motif pour la récidive), enlèvement et séquestration suivie d’une libération volontaire avant le 7e jour, agressions sexuelles, vols en récidive. 

Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Il a été placé en détention provisoire. 

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