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Faits divers – Justice

Le "tireur de Libé" jugé ce vendredi aux assises de Paris

vendredi 17 novembre 2017 à 8:42 Par Géraldine Houdayer, France Bleu Paris et France Bleu

Abdelhakim Dekhar, le tireur fou qui avait semé la panique dans plusieurs médias et dans les rues de Paris en 2013, est jugé ce vendredi par la Cour d'assises de Paris. Lors de son périple, il avait grièvement blessé un homme.

Le tireur avait pénétré armé dans le hall de BFMTV en novembre 2013.
Le tireur avait pénétré armé dans le hall de BFMTV en novembre 2013. © AFP - HO/BFMTV

BFMTV et Libération à Paris, la Société Générale à la Défense et une brève prise d'otage : Abdelhakim Dekhar est jugé aux assises pour son périple armé en novembre 2013 dans Paris et sa région, au cours duquel il avait grièvement blessé un homme. Un an et demi après les attaques du jihadiste Mohamed Merah à Toulouse et Montauban, Abdelhakim Dekhar, sans être jihadiste, avait créé un climat d'angoisse dans la capitale. La traque du "tireur de Paris", comme les médias l'avaient appelé avant son identification, avait duré cinq jours. Jugé à Paris pour récidives de tentative d'assassinat et pour enlèvement et séquestration, Abdelhakim Dekhar, 52 ans, encourt la perpétuité.

Armé d'un fusil à pompe, il pénètre dans plusieurs rédactions puis à La Défense

Son périple débute le 15 novembre 2013 vers 7h. Armé d'un fusil à pompe, il pénètre dans le hall de la chaîne BFMTV, pointe son arme vers le rédacteur en chef de la chaîne, puis prend la fuite en laissant deux cartouches à terre. S'il a manqué sa cible, selon l'accusation, c'est seulement du fait de "sa maladresse dans la manipulation de l'arme". Trois jours plus tard, vers 10h du matin, il fait irruption dans le hall du journal Libération. Cette fois, il ouvre le feu à deux reprises, blesse grièvement au thorax un assistant photographe, avant de s'échapper à pied.

A 11h35, des tirs retentissent cette fois dans le quartier d'affaires de la Défense, devant la Société générale. Trois coups de feu sont tirés : deux en direction du bâtiment, un troisième au cours de la fuite du tireur, vers le sol. Abdelhakim Dekhar a visé deux salariées, selon l'accusation, sans parvenir à les toucher. Cinq minutes plus tard, il prend brièvement en otage un automobiliste, à qui il ordonne de le conduire sur les Champs-Elysées.

Le tireur identifié cinq jours plus tard

Les enquêteurs lancent un appel à témoin : les images de vidéosurveillance du suspect tournent en boucle. Ce n'est que le 20 novembre que le tireur est identifié, après une dénonciation de l'homme qui l'héberge. Abdelhakim Dekhar est retrouvé allongé dans une voiture, à demi-conscient après avoir avalé des médicaments. Quel était son mobile? Dans une lettre non-datée laissée derrière lui et évoquée en 2013 par le procureur de Paris François Molins, il développe la théorie d'un "complot fasciste", s'en prend au "capitalisme" et aux journalistes "payés pour faire avaler des mensonges". Dans d'autres messages, il se fait le porte-parole des opprimés.

Ce vendredi, l'homme qui l'a hébergé sera aussi jugé pour "destruction d'objet concernant un crime". Le procès doit se terminer le 24 novembre.