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Faits divers - Justice

Le tribunal de Lyon juge "légitime" le décrochage d'un portrait d'Emmanuel Macron, une première

- Mis à jour le -
Par , France Bleu

Invoquant "l'état de nécessité" et le "motif légitime", le tribunal correctionnel de Lyon a relaxé ce lundi deux militants écologistes poursuivis pour vol en réunion après avoir décroché un portrait d'Emmanuel Macron en mairie en février. Une "décision historique" saluée par les militants.

 Les "décrocheurs" écologistes brandissent les portraits d'Emmanuel Macron lors du contre-sommet anti-G7, le 25 août 2019 à Bayonne
Les "décrocheurs" écologistes brandissent les portraits d'Emmanuel Macron lors du contre-sommet anti-G7, le 25 août 2019 à Bayonne © Maxppp - SEBASTIEN LAPEYRERE

C’est une victoire pour les défenseurs de l'environnement. Deux militants écologistes poursuivis pour avoir décroché un portrait d'Emmanuel Macron dans la mairie du 2e arrondissement en février dernier, ont été relaxés ce lundi tribunal correctionnel de Lyon. Le juge a invoqué "l'état de nécessité" et le "motif légitime" pour justifier sa décision. Les deux militants, un homme et une femme âgés de 32 et 33 ans, étaient poursuivis pour vol en réunion. Le 2 septembre, le parquet avait requis une amende de 500 euros à leur encontre. "Le vol est constitué et il ne règle en rien le dérèglement climatique", avait alors estimé la procureur Rozenn Huon.

"Devoir de vigilance critique"

Dans sa décision, le juge a reconnu que le vol de "l'objet d'une valeur fortement symbolique" était bien matérialisé. Mais, selon lui, la réalité du dérèglement climatique "affecte gravement l'avenir de l'humanité", ce qui légitime "d'autres formes de participation" des citoyens, "dans le cadre d'un devoir de vigilance critique".  

Le magistrat a estimé que l'intrusion d'une vingtaine de militants dans la mairie d'arrondissement a troublé l'ordre public de manière "très modérée" et que l'action des militants a finalement constitué une interpellation légitime du président de la République.

Une "décision historique qui acte le non-respect des objectifs climatiques de la France"

"C'est une première et un très très bon signal pour nous", a réagi auprès de l'AFP une porte-parole de ANV-COP21. Cette "décision historique" "acte le non-respect des objectifs climatiques de la France et la légitimité des actions de désobéissance civile face à l'urgence climatique" a précisé le mouvement écologiste dans un communiqué.

"C'est la reconnaissance de plusieurs années de militantisme", a salué la militante relaxée à la sortie de la salle d'audience, très émue par cette décision. L'ancienne secrétaire d'État à l'Environnement, Cécile Duflot, avait défendu lors de l'audience début septembre "un acte citoyen au sens le plus noble du terme" et un scientifique du CNRS avait exposé "l'indiscutable urgence climatique".

Le premier procès de "décrocheurs" s'était tenu fin mai à Bourg-en-Bresse. Un militant écologiste avait été condamné à une peine d'amende ferme de 250 euros et cinq autres à une amende avec sursis. Deux semaines plus tard, le tribunal correctionnel de Strasbourg avait relaxé trois militants qui avaient brièvement décroché un portrait du chef de l'État dans une mairie du Bas-Rhin. Douze autres procès de "décrocheurs" sont prévus jusqu'à septembre 2020.

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