Faits divers – Justice

Le triple meurtre de la Drôme aurait-il pu être évité ?

Par Florence Beaudet, France Bleu Drôme-Ardèche, France Bleu Picardie, France Bleu Vaucluse et France Bleu mardi 27 décembre 2016 à 11:10

La maison de l'une des victimes à Chabeuil
La maison de l'une des victimes à Chabeuil © Radio France - Tommy Cattanéo

Le meurtrier présumé a été placé en hôpital psychiatrique lundi soir après son terrible périple de la Drôme au Vaucluse. Il y avait eu plusieurs signaux avant-coureurs qu'il est plus facile de relier entre eux au lendemain de la tragédie.

Les meurtres de Paulette à Chabeuil, Bernard et Marie-Thérèse à Montvendre auraient-ils pu être évités ? Le suspect -un jeune homme de 23 ans originaire de Beauvais dans l'Oise- les aurait tués successivement alors qu'il essayait de se procurer une voiture dans la nuit de dimanche à lundi. Il a finalement été interpellé sur le parvis de la gare TGV d'Avignon.

Il entendait des voix selon sa soeur

Avec le regard a posteriori, il est évidemment plus simple de faire le lien entre plusieurs signaux précédant la tragédie. D'abord, il y a son parcours dans la délinquance. Plusieurs condamnations. Il avait été incarcéré à Fresnes cet été pour trafic de drogue. Il en était sorti le 1er septembre dernier. Et puis, il y a son comportement étrange ces jours derniers. D'après sa famille interrogée par le Parisien à Beauvais, le jeune homme "entendait des voix". Son père lui aurait proposé d'aller chez un médecin. Le jeune homme aurait refusé.

Débarqué deux fois d'un TGV entre Marseille et Paris

Ce dimanche soir de Noël, le meurtrier présumé est dans un train entre Marseille et Paris. Il est débarqué une première fois à 19h42 à Avignon suite à "des incidents". Il n'a pas de billet. Il reprend un train en direction de Paris une heure plus tard. Nouveaux incidents. Il est agressif vis-à-vis de deux passagers et de deux personnels de la SNCF dont la serveuse du wagon-bar qu'il frappe. Il est débarqué à nouveau, cette fois en gare de Valence TGV.

Rien ne présageait la tragédie à venir

A ce moment-là, c'est un cas "classique" de voyageur agité comme il y en a régulièrement. Les victimes ne souhaitent pas descendre pour porter plainte. Le jeune homme est calme sur le quai. Il montre ses papiers aux gendarmes, dit qu'il est malade, qu'il prend du valium, il demande à être emmené à l'hôpital. Les gendarmes le confient aux pompiers qui le transportent aux urgences de l'hôpital de Valence. Là aussi, il ne présente pas de danger apparent. Le jeune homme va pourtant s'éclipser moins d'une heure plus tard pour le périple meurtrier que l'on connaît.

Que ce soit la sûreté ferroviaire, les gendarmes, les pompiers ou le personnel des urgences, personne n'a rien détecté. Car à chaque étape, le jeune homme a paru calme. Le colonel Herbeth, patron des gendarmes de la Drôme estime donc qu'il n'y a pas eu de faille.

Pour le colonel Herbeth, les gendarmes ne pouvaient pas déceler le danger à venir

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