Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Faits divers – Justice DOSSIER : Dossier du jour de France Bleu Vaucluse

Le Vaucluse en manque d'ophtalmologistes

mardi 7 novembre 2017 à 5:01 Par François Madeuf, France Bleu Vaucluse

Le Vaucluse ne compte que 47 ophtalmologistes, dont la moitié a plus de 55 ans. Une pénurie qui oblige les patients des zones les plus reculées à faire de nombreux kilomètres pour trouver un spécialiste, et qui impose des délais de 6 mois à parfois plus d'1 an.

Ophtalmologie (illustration)
Ophtalmologie (illustration) © Radio France - Lionel VADAM

Avignon, France

La France ne forme que 140 ophtalmologistes en moyenne chaque année, d'après le syndicat de la profession, il en faudrait au moins 200, ne serait-ce que pour rester à effectif constant. Conséquence : des délais interminables pour voir un spécialiste, des praticiens à l'agenda plein à craquer et qui refusent des nouveaux patients, et des urgences surchargées.

"A Avignon la situation est plutôt bonne" constate le docteur Caroline Marc, du service Ophtalmologie de l'hôpital Henri Duffaut. "On a pas mal d'ophtalmos à Orange et Carpentras, et dès qu'on va vers le nord, ça se raréfie. Les médecins arrivent en fin de carrière et les politiques nationales n'ont pas anticipé le départ à la retraite de toute cette génération".

Les alternatives à l'ophtalmo

Un accident de lunettes ? Une vue qui bouge et des verres qui ne sont plus adaptés ? Trop de gens pensent encore qu'il faut absolument passer par l'ophtalmo pour régler ces problèmes. Depuis plus d'un an, les opticiens peuvent faire passer les tests de vue et ajuster la correction de vos lunettes sans passer par la case médecin, à condition que votre ordonnance soit encore valable (5 ans entre 16 et 42 ans, 3 ans pour les plus de 42 ans). Dans certains cas d'urgence, ils peuvent même vous les fabriquer sans ordonnance.

"On est plus seulement des vendeurs de lunettes".

"Je connais tout de même mes limites", nuance Thierry Caut. Cet opticien à Mazan propose à ses clients des test de vue à son magasin, mais aussi à domicile. Tout son matériel est portatif et lui permet de mesurer l'acuité visuelle, et même de fabriquer les verres directement sur place. "On apporte un service, car on est plus seulement des vendeurs de lunettes, mais de véritables paramédicaux. Pour moi c'est le fondement de mon métier." Thierry Caut visite ainsi les maisons de retraite, les personnes handicapées... toutes ces populations qui ne peuvent pas se déplacer facilement. Mais s'il fait face à une pathologie, il renvoie directement vers un ophtalmologiste.

L'autre solution, si l'on a pas d'ordonnance, c'est d'en demander une à son généraliste. Votre médecin traitant peut techniquement vous prescrire des lunettes, mais ils sont rarement équipés pour réaliser des tests de vue.

Réduire les délais d'attente

Le Snof, le Syndicat des Ophtalmologistes de France, a lancé un plan "Objectif Zéro Délai" pour réduire drastiquement les temps d'attente d'ici 2022. Un plan qui passe par une réorganisation du fonctionnement des cabinets. "On propose une aide pour embaucher des orthoptistes, explique le docteur Thierry Bangil, ce sont des paramédicaux qui vont prendre en charge le patient en amont de l'ophtalmologiste. Ils lui font passer les examens de vue, de tension de l’œil, ou une photographie de la rétine, et posent des questions qui vont ensuite permettre au médecin d'établir le diagnostic et de prescrire un traitement. Ils font gagner du temps à l'ophtalmo qui peut ainsi voir plus de patients."

Une pétition a été lancée pour exiger que le gouvernement prenne la problématique à bras-le-corps.