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Faits divers – Justice

Le violeur de Saint-Macaire condamné à 16 ans de prison par la cour d'assises de la Gironde

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Par , France Bleu Gironde

La cour d'assises de la Gironde a condamné ce vendredi un jeune homme de 23 ans à seize ans de réclusion criminelle. En 2016, il avait violemment agressé une femme sur la commune de Saint-Macaire.

L'entrée de la cour d'assises de la Gironde, à Bordeaux.
L'entrée de la cour d'assises de la Gironde, à Bordeaux. © Radio France

Bordeaux, France

"Je tenais réellement à m'excuser et je demande..." L'accusé hésite une seconde, jette un regard furtif à son avocate avant de poursuivre : "...pardon à Madame P. et surtout à sa famille de ce que j'ai fait." Il a fallu deux jours d'audience et les efforts du président de la cour, de l'avocat général et de la défense pour parvenir à faire prononcer cette phrase à Florian B. De tout le procès, le jeune homme de 23 ans, qui a reconnu sans difficultés les viols et l'agression au couteau, n'avait jamais réussi à demander pardon à sa victime. "J'ai bien entendu son 'pardon', dit cette dernière. Mais pour moi ce n'est pas crédible."

Un jeune qui pratiquait "le repérage de proie"

Plus tôt, l'avocat général avait été sévère, requérant 17 ans de réclusion criminelle, la peine maximale encourue étant de 20 ans pour viol commis avec l'usage d'une arme, en l'occurrence un couteau de pêche. Florian B. l'a enfoncé jusqu'à la garde dans l'omoplate de sa victime lorsqu'elle a cherché une première fois à fuir, puis l'a violée plusieurs fois. 

"Des faits d'une extrême violence" dit l'avocat général, qui souligne que l'accusé a "calculé" son acte, en faisant du "repérage de proie." Comme l'avocate de la victime, qui rappelle que Florian B. avait "le kit du violeur tout le temps, sur lui" (une cagoule, un couteau, des vêtements de rechange), l'avocat général estime l'acte préparé et "le regard qu'il porte aujourd'hui sur les faits est inquiétant (...) le chemin est encore bien long, Monsieur B."

Le crime est barbare mais lui est un homme ordinaire" - Me Migniot-Espes, avocate de la défense

"La peine requise est extrêmement sévère !" rétorque l'avocate de l'accusé, Me Migniot-Espes. "Oui, le crime qu'il a commis est barbare mais lui c'est un homme ordinaire." Elle décrit un jeune homme encore un peu "gamin", qui "s'est inventé une vie pour se donner de l'importance." Au lycée, il prétendait être père auprès de ses camarades, "ça permet de dire 'regardez, il y a quelqu'un qui m'aime (...) lui ne s'est jamais aimé'" explique Me Migniot-Espes, en écho aux propos de son client, qui disait avoir "du mal-être", encombré par son physique imposant : 1m87 et 110 kilos, contraste frappant avec sa victime, 1m47. 

Une consommation de films pornographiques "à outrance"

"Force est de constater qu'il n'a pas toujours la tête de l'emploi" reconnaît l'avocat général face au visage rond, encore enfantin, et aux manières gauches de l'accusé. Difficile de l'imaginer, cagoulé, couteau à la main, commettre des viols répétés en prononçant menaces de mort et vulgarités. Vulgarités issues, confirme-t-il à mi-mots, de sa consommation de vidéos pornographiques, "à outrance, jusqu'à l’écœurement" dit l'avocat général. 8 films en moyenne par jour dans les 6 mois précédant l'agression, et plus du double de consultations de sites internet à caractère pornographique. 

Ce qu'il voit dans ces vidéos, même les rapports les plus violents, "pour lui, ce sont des rapports presque normaux" assure son avocate, qui estime que c'est la seule "éducation" sexuelle que Florian B. a reçue. "Il pourra s'en sortir, l'avenir de ce gamin est entre vos mains, vous pouvez l'aider !"

16 ans de prison et un suivi socio-judiciaire avec obligation de soins

Sur les 16 ans de réclusion criminelle,  Florian B. en a déjà effectué deux, puisqu'il est incarcéré depuis les faits, commis le 8 juin 2016. Sa victime, Leïla, une mère de famille dont l'époux et un des fils l'ont accompagnée tout au long du procès, s'est montrée soulagée à la sortie du palais de justice. 

Leïla : "La peine est à la hauteur de ce que j'espérais"

Sa plus grande crainte, c'est que le violeur récidive à sa sortie de prison. Crainte entendue par la cour, car une fois libre, Florian B. devra se soumettre à un suivi socio-judiciaire, avec obligation de soins, durant sept ans. En cas de manquement, il risquerait de retourner en prison, pour cinq années supplémentaires. Lorsque le président lui explique sa peine, Florian B. hoche la tête à chaque phrase. Sa lourde silhouette s'affaisse un peu, mais aucune émotion ne se lit sur son visage.

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