Faits divers – Justice

Les agents de sécurité du nord Franche-Comté sur le qui-vive

Par Thomas Séchier et France Bleu Belfort-Montbéliard, France Bleu Belfort-Montbéliard et France Bleu Besançon mardi 16 août 2016 à 11:18

Seul équipement pour certains vigiles : brassard orange et détecteur de métaux
Seul équipement pour certains vigiles : brassard orange et détecteur de métaux © Radio France - Olivia Cohen

Depuis les derniers attentats à Nice et Saint-Etienne-du-Rouvray, ils redoublent de vigilance. Les agents de sécurité du nord Franche-Comté doivent vivre et travailler avec la menace terroriste.

On les voit de plus en plus à l'entrée des magasins. C'est une conséquence des attentats en France : les agents de sécurité sont particulièrement sollicités.

Davantage de palpations

"Au niveau national, les entreprises de sécurité sont celles qui embauchent le plus en ce moment. Un agent qui possède son diplôme et son agrément trouve du boulot sans problème", assure Rachif Lefza. Ce gérant d'une PME belfortaine, Securigard, emploie environ 40 vigiles, déployés en grande partie devant les enseignes de grande distribution. "Nous avons des directives de certains clients. Ils nous demandent d'ouvrir encore plus l’œil. A Mulhouse, le cinéma Kinépolis nous a demandé un agent supplémentaire uniquement dédié au contrôle des sacs à l'entrée des salles".

Reportage au siège de l'entreprise Securigard, à Belfort

Moussa, l'un des vigiles de Securiguard, en poste au centre commercial Les 4 As à Belfort, reconnaît que la menace "change" la façon d'exercer le métier. "On fait beaucoup plus de palpations d'avant. On se méfie surtout des jeunes qui sont un peu louches." Pas question pour autant de céder face à la terreur. "On n'a pas vraiment peur. Avec ce métier, on est habitué !", explique ce trentenaire, onze ans d'expérience dans ce domaine.

Un renforcement... puis un relâchement ?

Sur l'aire urbaine Belfort-Montbéliard, il existe une demi-douzaine d'entreprises de sécurité. Claude Russo gère une petite société de 19 agents. Et il pointe du doigt une forme de relâchement. "Dans certains magasins, on nous demande de faire plus de contrôles juste après les attentats, mais assez vite, on nous demande d'en faire moins. Ça coûte moins cher... " Résultat : pas plus d'activité pour sa société depuis les premières attaques, il y a un an et demi. "En plus, dans le nord Franche-Comté, beaucoup de petites animations ont été annulées. Ca nous fait du travail en moins."

"Nous ne faisons plus que du visuel", regrette Claude Russo, qui dénonce une forme de relâchement.

Des vigiles bientôt armés ?

C'est l'une des pistes étudiées par le gouvernement pour renforcer la sécurité : armer les vigiles. Le ministère de l'Intérieur plancherait sur la création d'un statut "d'agent de sécurité renforcée", affecté sur des sites sensibles (stades, salles de spectacle, usines, etc.).

Pour Rachif Lefza, ce n'est pas une bonne idée. "Je n'en trouve pas l'utilité. Les événements sont trop frais. Il faut du recul, de l'analyse. Armer nos agents nécessiterait une vraie formation, beaucoup plus poussée. Avec une arme, on peut faire tout et n'importe quoi... Ne rentrons pas dans une surenchère sécuritaire. "