Culture – Loisirs

Les archives de la période de Vichy en partie ouvertes

Par Louise Delépine, France Bleu Normandie (Calvados - Orne) lundi 4 janvier 2016 à 9:00

En 1942, un convoi de volontaire français part travailler en Allemagne.
En 1942, un convoi de volontaire français part travailler en Allemagne. © Maxppp - Berliner Verlag / Archiv

C'est peut être la fin d'un tabou. Une grande partie des archives de la police et de la justice sous Vichy vont être ouvertes. Des documents déclassifiés qui représentent une véritable mine d'or pour les historiens.

François Hollande l'avait promis lors du 70ème anniversaire du débarquement dans son discours devant le Mémorial de Caen. Une grande partie des archives de la police et de la justice du régime de Vichy vont désormais être accessibles avant le délai d'expiration prévu, grâce à un arrêté publié le 27 décembre par le gouvernement. En tout , des milliers de documents sont concernés. Seules les informations toujours classées "secret défense" ne le seront pas tout de suite.

Des blocages bureaucratiques

Jusque là, les historiens et les chercheurs devaient demander des dérogations pour pouvoir étudier ces documents et en savoir plus sur cette période très sombre de l'histoire du pays. "Il y a toujours des blocages bureaucratiques. Des réactions de petits chefs de bureau qui au lieu de comprendre ce qu'ils avaient dans les mains, de savoir combien il est important de transmettre la connaissance historique, pour mieux comprendre le présent et appréhender le futur, avaient peur et avaient tendance à fermer, à retarder.. C'est un pas important, pas seulement pour l'historien. Tout un chacun pourra avoir accès à tous les documents." explique Denis Peschanski, directeur de recherche au CNRS et président du conseil scientifique du Mémorial de Caen. Il faisait d'ailleurs partie des 170 historiens signataires d'une pétition envoyée à l'Elysée pour réclamer cette ouverture. 

"Un éclairage sur l'épuration et sur la collaboration"

Les historiens normands en sont sûrs : cette ouverture va permettre de nouvelles découvertes. "On va trouver de nouveaux documents. J'imagine que dans les dossiers des tribunaux militaires en particulier, on va avoir des éléments qui concernent la région Normandie, puisque ce sont les tribunaux qui ont jugé les collaborateurs à la Libération. Nous aurons donc un double éclairage à la fois sur l'épuration, sur la façon dont on a géré l'après-guerre, et sur la collaboration à proprement dit, puisque dans les dossiers on a les pièces à charge et à décharge. Pour cela, on va chercher des documents qui datent de la seconde guerre mondiale pour prouver ou pas la collaboration de la personne en question" précise Denis Peschanski, président du conseil scientifique du Mémorial de Caen.  

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