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Faits divers – Justice

Les assassins présumés du rappeur N'Dal devant les assises de l'Yonne

mardi 5 mars 2019 à 20:58 Par Delphine Martin, France Bleu Auxerre

Deux hommes de 27 et 31 ans comparaissent jusqu'à vendredi devant les assises de l'Yonne pour l'assassinat du rappeur sénonais Nidal Boutahar, connu à la scène sous le nom de N'Dal. Les restes de son corps carbonisé avaient été retrouvés en décembre 2015 dans un puits, à Michery.

Le palais de justice d'Auxerre
Le palais de justice d'Auxerre © Radio France - Delphine Martin

Auxerre, France

Tout commence à la sortie de la boîte de nuit de Saint-Clément : les deux accusés et la victime ont tous beaucoup bu.  Le jeune rappeur de 33 ans suit volontairement les deux autres jeunes gens dans une voiture. Une dispute éclate. Une "embrouille", comme ils disent, dont le motif reste flou. En tout cas, le plus jeune des deux accusés donne un coup de poing à la victime. La voiture s'arrête, puis repart en direction des carrières de Michery, un lieu que les deux jeunes Icaunais connaissent bien.

Là, les deux complices étranglent la victime tour à tour, jusqu'à ce qu'elle ne respire plus. Ils dérobent l'argent que le rappeur avait sur lui, cachent le corps dans des branchages, le temps de se changer et d'acheter de l'essence et mettent le feu à la dépouille. 

Une semaine plus tard, ils retournent sur les lieux avec des gants et une bâche et jettent les restes calcinés dans un puits de 60 mètres de fond. Les fragments du corps ne seront retrouvés que trois mois plus tard.   

Deux hommes en rupture

Lors de la première journée d'audience, les deux trentenaires dans le box des accusés n'ont pas échangé un seul regard. Le plus âgé,  surnommé "baleine" : cheveux courts, polo sombre, refuse de parler de sa vie. Il a eu une enfance heureuse mais une adolescence difficile. Il dit qu'il n'a pas d'ami, à part son chien. Son père est décédé en 2010. Sa mère, aimante, va le voir régulièrement en prison. 

Condamné plusieurs fois pour usage de stupéfiants, outrage, conduite sous l'emprise de l'alcool, il nie être violent et écrase quelques larmes discrètes quand on lui parle de sa maman et de sa sœur. 

L'autre accusé, le plus jeune, appelé "le blond" dans la procédure : veste grise, queue de cheval. Lui aussi a commencé à mal tourner au collège. Il boit trop, fume du cannabis. Il a été condamné plusieurs fois pour violences, détention d'armes et de stupéfiants. 

Leurs proches désemparés

À la barre, leurs parents se succèdent. Ils racontent l'impuissance qu'ils ont ressenti face à un ado qui déraille. La maman de l'un se perd dans les dates et s'étonne : "mais mon fils, il est coupable de quoi ?

"Je ne lui pardonnerai jamais, il a fait trop de mal", dit le beau-père de l'autre. "Je ressens une profonde désolation. Et de la honte", ajoute son père. "On a l'impression d'avoir loupé quelque chose". Sa maman assure : "il n'a pas un mauvais fond, mais il avait de trop mauvaises fréquentations". En larmes, elle se tourne vers les parties civiles : "je suis désolée, j'aurais voulu trouver des mots. Perdre un enfant, c'est ce qu'il y a de pire, surtout dans ces circonstances". 

Sur le banc des parties civiles, les proches de Nidal pleurent aussi.

Un mobile qui demeure mystérieux

La seule chose qui rassemble les deux accusés aujourd'hui, c'est le crime qu'ils ont commis. Et le mystère qui entoure leurs motivations. Car après une journée d'audience, on ne sait toujours pas pourquoi Nidal Boutahar a été tué.