Faits divers – Justice

Les associations dénoncent un bidonville au cœur de Bordeaux

Par Stéphanie Brossard, France Bleu Gironde jeudi 26 février 2015 à 20:49

Des abris de fortune sous le pont St Jean de Bordeaux
Des abris de fortune sous le pont St Jean de Bordeaux © Radio France

Une centaine de Sahraouis sont installés depuis plusieurs mois dans un squat sous le pont Saint-Jean et la passerelle Eiffel à Bordeaux, dans des conditions indignes et insalubres dénoncées par plusieurs associations qui en appellent à la mairie et à la préfecture de la Gironde.

Trois associations Bordelaises (la Ligue des Droits de l'Homme, la Cimade et l'Asti, l'association Solidarité avec les travailleurs immigrés) alertent sur le sort d'une centaine de demandeurs d'asile et réfugiés Sahraouis, âgés entre 20 et 45 ans en moyenne, qui campent sous le pont Saint-Jean et la passerelle Eiffel sur la rive droite de Bordeaux dans des conditions intolérables, selon elles.

Des conditions intolérables renforcées par la menace des inondations en bord de Garonne avec les fortes pluies et les récentes grandes marées. Leurs abris de fortune (fait de bric-à-brac – en bois et en toile – sans eau, ni électricité ) ont les pieds dans l'eau, depuis quelques jours.

Ces mêmes associations avaient déjà alerté de leur situation, il y a presque un an quand ces réfugiés Sahraouis squattaient des wagons désaffectés , rouillés, de la SNCF près de la gare Saint-Jean. Rien n'a changé depuis.

Un "bidonville' au coeur de Bordeaux dénoncent les associations - Radio France
Un "bidonville' au coeur de Bordeaux dénoncent les associations © Radio France

Leur situation est complexe. Ils se disent persécutés au Sahara Occidental, source de conflit depuis des années entre le Maroc et l'Algérie . Ils ont effectué des demandes de droit d'asile politique (qui mettent un an à être traitées en moyenne). Et en attendant, ils ne peuvent pas travailler. Et l'État a l'obligation d'héberger les demandeurs d'asile . Ce qui n'est pas si simple, selon la préfecture. Les centres d'accueils sont saturés. Et face aux risques d'inondations des lieux, situés en bord de Garonne, ces derniers jours, elle a mis à disposition des places en hôtel. Mais tous n'y auraient pas répondu.

Il y a eu 274 demandes d'asile faites en Gironde en 2014. Il y en a déjà eu 126, en deux mois, depuis le début de cette année.

D'autres tentes sont installées un peu plus loin le long du pont St Jean de Bordeaux - Radio France
D'autres tentes sont installées un peu plus loin le long du pont St Jean de Bordeaux © Radio France

 

"On n'est pas des animaux" explique l'un des réfugiés Sahraouis de Bordeaux