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Faits divers – Justice

Les associations s'indignent du traitement réservé aux mineurs isolés accueillis dans l'Hérault

samedi 14 avril 2018 à 6:26 Par Guillaume Roulland, France Bleu Hérault

Plusieurs associations de défense des migrants (Cimade, RESF) dénoncent le traitement dont font l'objet dans l'Hérault les mineurs isolés ou ceux pour lesquels il persiste un doute sur leur âge réel. Elles dénoncent le principe de présomption de triche, et pour certains, leur emprisonnement.

Des mineurs abandonnés plusieurs mois dans un hôtel avant d'être pris en charge
Des mineurs abandonnés plusieurs mois dans un hôtel avant d'être pris en charge © Radio France - Guillaume Roulland

Montpellier, France

Les 16 et 18 avril prochain le tribunal correctionnel de Montpellier est amené à juger 5 jeunes ivoiriens soupçonnés d'avoir menti sur leurs âges, dans le but de bénéficier de la prise en charge du conseil départemental de l'Hérault des mineurs isolés.

Les 5 jeunes migrants, tous originaires de la région de Daloa en Côte d'Ivoire, affirmaient être mineurs. Deux d'entre eux ont reconnu, après leur arrestation par la Police aux Frontière, ne pas l'être. Mais les trois autres persistent à affirmer qu'ils sont bel et bien mineurs.

Présomption de triche systématique

La Cimade et RESF (Réseau Education sans Frontières) de Montpellier n'ont pas décidé d'attendre le jugement du tribunal correctionnel de Montpellier pour dénoncer le traitement systématique dont font l'objet dans l'Hérault les mineurs isolés ou ceux pour lesquels il persiste un doute sur leur âge réel. 

Elles dénoncent le principe de présomption de triche, et pour certains, leur emprisonnement.

"Ces jeunes, originaires en majorité d'Afrique de l'ouest, viennent en raison de situations familiales dramatiques. Ce sont pour la plupart des gamins qui ont une force de caractère incroyable. Mais ce ne sont pas des tricheurs. Le problème, ce n'est pas leur âge, mais la façon dont on les accueille" selon Laure-Agnès Suita, du Réseau Education sans Frontières.

"Au lieu de les accompagner quand on a un doute sur leurs documents d'état civil, on les met en prison et ce sont à nous, les bénévoles, d'apporter la preuve de leur minorité" poursuit-elle.

Boubacar*, 17 ans, menacé de mort dans son pays d'origine

Il est arrivé en France depuis plusieurs mois, et a déjà connu les cellules de la prison de Villeneuve-les-Maguelone pendant plusieurs semaines.

Boubacar, 17 ans, explique la voix étranglée par les sanglots que depuis la mort de son père, et pour une sombre histoire d'héritage, son oncle est prêt à l'assassiner. Pas question donc de retourner au pays.

Quand il arrive en France, la police lui retire aussitôt ses papiers d'identité. Puis des policiers débarquent un jour à 5h du matin en lui expliquant que ces documents sont faux. Personne ne semble croire en sa minorité. Boubacar est aussitôt incarcéré.

"Ils ont gâché ma vie. Comme si j'avais tué quelqu'un. Le consulat de Côte d'Ivoire à Paris soutient pourtant que mes documents sont vrais" explique le jeune homme.

_"_Si je retourne là-bas, c'est la mort assurée. Mais je n'ai pas encore l'âge pour demander l'asile à la France."

Selon la Cimade, une quarantaine de jeunes migrants auraient déjà été incarcérés dans l'Hérault depuis deux ans, et pour des raisons injustifiés. 

Une "exception héraultaise" pour l'association qui appelle à deux rassemblements, les 16 et 18 avril, devant le palais de justice de Montpellier à l'occasion des procès des 5 jeunes ivoiriens interpellés au mois de mars par la Police aux Frontières.

* Le prénom a été changé

Boubacar*, 17 ans, menacé de mort dans son pays d'origine

Laure-Agnès Suita, du Réseau Education sans Frontières.

Boubacar (prénom d'emprunt), 17 ans, ne souhaite pas retourner dans son pays par crainte d'être assassiné par son oncle / Radio France - Radio France
Boubacar (prénom d'emprunt), 17 ans, ne souhaite pas retourner dans son pays par crainte d'être assassiné par son oncle / Radio France © Radio France - Guillaume Roulland
la Cimade et RESF dénoncent le principe de "présomption de triche systématique" appliqué par la justice et le conseil départemental de l'Hérault. - Radio France
la Cimade et RESF dénoncent le principe de "présomption de triche systématique" appliqué par la justice et le conseil départemental de l'Hérault. © Radio France - Guillaume Roulland