Faits divers – Justice

Les avocats de la défense réclament la relaxe pour tous dans le procès Bettencourt

Par Stéphanie Brossard, France Bleu Gironde mercredi 25 février 2015 à 20:22

Le palais de justice de Bordeaux va retrouver sa quiétude après 4 semaines et demie de procès Bettencourt
Le palais de justice de Bordeaux va retrouver sa quiétude après 4 semaines et demie de procès Bettencourt © Radio France

Rideau sur le premier procès dit Bettencourt sur son volet abus de faiblesse. L'audience s'est refermée ce mercredi après quatre semaines et demi de débats. Le tribunal correctionnel de Bordeaux a mis son jugement en délibéré au 28 mai.

Pour clore cette dernière journée du procès Bettencourt, c'est Maître Merlet qui a plaidé en premier en faveur de François-Marie Banier, le photographe et confident de Liliane Bettencourt. Et il a cité Aragon "ami de l'artiste durant 11 ans" , pour dire combien il était loin de l'image que le ministère public a voulu faire passer de lui ("vampire, araignée, gourou" ) : "Un personnage hors-série, l'être le plus drôle, le plus fou et le plus généreux."

L'héritière de l'Oréal a voulu "le couvrir d'or" dès les années 90 à sa rencontre avec lui et elle l'a fait "de façon progressive et décidée" , et "pas comme une midinette" . Elle avait dit:

"J'ai donné l'Oréal à ma fille. Et pour le reste, je fais ce qu'il me plaît. Je n'ai jamais discuté tes choix [sa fille Françoise], ne discute pas les miens." — Liliane Bettencourt

La milliardaire faisait donc ses choix. Alors où est l'abus de faiblesse ? a interrogé Maître Merlet. François-Marie Banier n'est en rien dans ce conflit mère-fille.

Maître Cornut-Gentille a été le deuxième à prendre la parole en faveur de François-Marie Banier. Et il a ajouté que "pas une fois, François-Marie a critiqué Françoise, parce qu'il s'en fiche. "  "Alors où est l'emprise? Parce qu'il la flatte ? et qu'il est parfois familier et grossier avec elle ?"

Quant aux témoignages à charge contre François-Marie Banier, ils ne sont que le reflet de la guerre des clans dans la maison Bettencourt. "Alors 200 millions de dotations et pas un milliard d'euros" , selon lui, "c'est énorme, c'est trop oui" mais :

"François-Marie Banier, a abusé, non pas, de la faiblesse de Liliane Bettencourt, mais en acceptant ces sommes... qui ne sont rien, en fait, au vu de sa fortune !" — Maître Cornut-Gentille

Au tour de la défense de Patrice de Maistre

Maître Carriou-Martin a fait remarquer pour débuter qu'il est "le seul dans ce dossier à avoir fait 88 jours de détention" , et qu'il a "un sentiment d'injustice au vu de sa relation loyale avec Liliane Bettencourt. "Il était au four et au moulin" pour elle . C'était "un homme à la droiture morale professionnelle et affective entière."  Il a toujours donné satisfaction.

"Ce conflit (mère-fille) n'était pas le sien" , a poursuivi Maître Laffont. Et "Liliane Bettencourt n'aurait pas voulu ce procès" d'ailleurs, car elle avait signé un protocole de réconciliation avec sa fille en décembre 2010. "Conflit terrible où la maman et la fille se réconcilie à des conditions financières: une autre planète !"  Maître Laffont qui est longuemment revenue sur l'expertise médicale "pas sérieuse" "tronquée" de Sophie Gromb la Bordelaise , et de ses quatre autres collègues, qui a daté la vulnérabilité de l'héritière de l'Oréal en 2006. Un point clé de ce procès.

C'est enfin Maître Haïk qui a conclu les quatre semaines et demie d'audience. Pour lui "Patrice de Maistre montré comme le voleur, c'est dur à porter" . Et surtout, "le vrai scandale Bettencourt" est ailleurs : "11 comptes cachés et 40 ans de fraude fiscale massive et organisée que l'intruction a soigneusement éludé" , préférant accabler l'ex-gestionnaire de fortune.

La défense plaide la relaxe au procès Bettencourt

"On nous dit que ce n'est pas un procès pour l'argent mais les parties civiles veulent récupérer toutes les donations depuis 1997." — Maître Merlet, avocat de François-Marie Banier

Rendez-vous le 28 mai à 14h pour le délibéré du premier procès dit Bettencourt, celui du volet abus de faiblesse, qui concerne 10 prévenus.

Des peines de prison ferme ont été requises pour quatre des dix prévenus : les plus fortes pour le photographe ami et confident de l'héritière de l'Oréal François-Marie Banier (3 ans ferme et 375.000 euros d'amende), pour son compagnon Martin d'Orgeval (3 ans dont 1 an et demi ferme et 375.000 euros d'amende) et pour l'ex-gestionnaire de fortune Patrice de Maistre (3 ans dont 1 an et demi ferme et 375.000 euros d'amende).

Deux ans ferme ont été requis contre Carlos Vejarano l'ex-gestionnaire de l'île d'Arros aux Seychelles, et un an avec sursis contre Jean-Michel Normand le notaire qui avait enregistré les actes. Tous les avocats ont plaidé la relaxe.