Faits divers – Justice

Les avocats de Salah Abdeslam renoncent à le défendre

Par Géraldine Houdayer, France Bleu mercredi 12 octobre 2016 à 7:43 Mis à jour le mercredi 12 octobre 2016 à 13:07

Franck Berton, l'un des deux avocats de Salah Abdeslam.
Franck Berton, l'un des deux avocats de Salah Abdeslam. © AFP - Matthieu Alexandre

Les avocats de Salah Abdeslam, suspect-clé des attentats parisiens du 13 novembre, renoncent à défendre leur client. Selon Maître Franck Berton et son confrère belge Sven Mary, Abdeslam, détenu à l'isolement à la prison de Fleury-Mérogis, restera muré dans le silence.

Les avocats de Salah Abdeslam, suspect-clé des attentats parisiens du 13 novembre, renoncent à défendre leur client, ont-ils annoncé ce mercredi 12 octobre dans des entretiens donnés à L'Obs et à BFM TV ce mercredi 12 octobre. "On a décidé l'un et l'autre de renoncer à la défense" d'Abdeslam. "Nous avons la conviction qu'il ne s'exprimera pas et qu'il appliquera le droit au silence", a expliqué Frank Berton aux côtés de son confrère belge, Sven Mary. "Dans cette position qui est la nôtre, qu'est-ce que vous voulez qu'on fasse ? Nous l'avons dit dès le début, nous avons prévenu, si notre client reste muet nous quitterons sa défense", a poursuivi Maître Berton.

"Nous avons la conviction qu'il ne s'exprimera pas et qu'il appliquera le droit au silence" - Maître Franck Berton

"Quand on a le sentiment d'être là pour faire des visites sociales à la prison, à ce moment-là une décision doit être prise", a ajouté l'avocat belge, Maître Sevn Mary. Mis en examen pour assassinats terroristes et suspect-clé des attentats parisiens qui ont fait 130 morts. Salah Abdeslam est détenu à l'isolement depuis le 27 avril à Fleury-Mérogis (sud de Paris) et placé sous vidéosurveillance 24h/24. Salah Abdeslam avait tenté, devant le Conseil d'État, de faire suspendre ce dispositif inédit en France, mais la plus haute juridiction administrative l'avait débouté fin juillet, estimant que "le caractère exceptionnel des faits terroristes" pour lesquels il est poursuivi "impliquait que toutes les précautions soient prises".

"J’ai le sentiment d’un immense gâchis" - Franck Berton

"J’ai le sentiment d’un immense gâchis, confie Franck Berton à BFM TV. J’ai vu Salah Abdeslam sombrer de mois en mois". Lorsque chacun scrute même la nuit vos faits et gestes, vous devenez dingue. Et ça c’est une conséquence d’une décision politique. Ce n’est pas une décision de la justice", martèle l'avocat.

Abdeslam ne souhaite plus être défendu

Selon les deux avocats, Abdeslam ne souhaite pas être représenté par quelqu'un d'autre pour le moment et va écrire au juge d'instruction pour lui signifier cette décision. Pendant toute la durée de l'instruction, la présence d'un avocat à ses côtés n'est pas obligatoire. Elle le sera en revanche au moment du procès. L'unique membre encore vivant des commandos du 13 novembre, refuse également de répondre aux questions du magistrat antiterroriste chargé de l'enquête sur les attentats de Paris et Saint-Denis. Il exerce son droit au silence pendant l'interrogatoire.

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