Faits divers – Justice

Les avocats vauclusiens toujours en grève contre la réforme juridictionnelle

Par Viviane Le Guen, France Bleu Vaucluse mardi 20 octobre 2015 à 9:58 Mis à jour le jeudi 22 octobre 2015 à 0:36

 Grève générale des avocats contre la réforme de l'aide juridictionnelle
Grève générale des avocats contre la réforme de l'aide juridictionnelle © Maxppp

La ministre de la Justice, Christiane Taubira renonce à puiser dans les caisses des avocats pour financer l'aide juridictionnelle. Cette mesure était l’un des deux points de blocage mis en avant par les avocats, en grève depuis une semaine.

Christiane Taubira a reculé ce mercredi face à la fronde des avocats.  La ministre de la Justice renonce à financer l'augmentation du budget de l'aide juridictionnelle avec les produits financiers des fonds placés dans les caisses gérées par les avocat**s (Carpa)**.

Un amendement sera présenté au Sénat pour supprimer cette disposition contestée. Cette mesure était la principale revendication mise en avant par la profession, en grève depuis une semaine contre le projet de la Garde des Sceaux. Toutes les audiences avec avocats commis d'office étaient annulées à Avignon et Carpentras, comme dans la plupart des barreaux de France.  

Maitre Florence Rochelemagne,  bâtonnier du barreau d'Avignon, salue le recul du gouvernement. Ce qui ne veut pas dire qu'il ne faut pas réformer l'aide juridictionnelle, et les avocats ont des propositions.

Me Florence Rochelemagne, bâtonnier du barreau d'Avignon

Les avocats restent prudents

Pascal Eydoux, le président du Conseil national des barreaux (CNB), s’est dit satisfait de cette annonce. Mais il appelle à continuer la grève et se réserve la possibilité de voter son extension pour la semaine prochaine si, d’ici à vendredi, la chancellerie n’a pas formalisé par écrit certains engagements pris lors de cette réunion.

Les avocats, qui ont fustigé un "passage en force" de la ministre, dénoncent aussi une baisse globale des revenus des robes noires, avec une baisse du nombre d'unités de valeurs (UV) attribuées aux principaux actes comme les divorces, les prud'hommes, les gardes à vue, qui passent par exemple de 300 euros à 180 pour 24 heures.