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Faits divers - Justice

Les avocats grenoblois protestent contre les conditions de l'interpellation de leur collègue Bernard Ripert

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Par , , France Bleu Isère

Une centaine d'avocats s'est rassemblée mardi midi à Grenoble pour protester contre les conditions d'interpellation de Bernard Ripert, l'un de leurs collègues, interné d'office en psychiatrie lundi soir.

Des avocats en robe. Image d'illustration.
Des avocats en robe. Image d'illustration. © Maxppp -

"Les conditions dans lesquelles l'interpellation a eu lieu indignent l'ensemble de notre barreau", a lancé au cours du rassemblement Me Wilfried Samba-Sambeligue, bâtonnier du barreau de Grenoble.

Bernard Ripert a été envoyé à l'hôpital psychiatrique de Saint-Egrève (Isère), avant un probable transfert à Bassens (Savoie). Avocat "historique" de l'organisation armée d'extrême gauche Action Directe (AD), Bernard Ripert a été interpellé lundi matin à son domicile et placé en garde à vue, pour des faits d'"intimidation envers un magistrat". Une expertise psychiatrique a été menée durant sa garde à vue et le médecin a estimé que son état justifiait "une hospitalisation sous contrainte", selon le parquet.

"Toucher à Bernard Ripert c'est toucher à l'histoire de notre barreau" - Patrick Martin, avocat à Grenoble

Les avocats ont crié "Libérez Ripert !" devant le palais de justice de Grenoble. "Toucher à Bernard Ripert c'est toucher à l'histoire de notre barreau, c'est de l'élimination physique. J'ai peur pour la santé (de mon confrère, ndlr)" estime Patrick Martin, avocat à Grenoble.

ECOUTER | Maitre Patrick Martin, au micro de Véronique Pueyo

"Nous sommes sidérés, choqués, par les conditions dans lesquelles l'interpellation a eu lieu. (...) Bernard Ripert est un avocat et un auxiliaire de justice, cela pose problème à la profession indépendamment des questions de fond de ce qu'on peut lui reprocher" estime Wifried Samba-Sambeligue, interrogé par France Bleu.

ECOUTER | Maitre Wilfried Samba-Sambeligue, au micro de Véronique Pueyo

"La forme nous préoccupe au delà du fond. Un certain nombre de confrères sont réunis, qui sont de sensibilité différente et qui n'ont peut-être pas toujours soutenu Maître Ripert lors d'autres poursuites disciplinaires. Mais là il y a une atteinte à la fonction d'avocat. La façon de procéder, la garde à vue, une expertise psychiatrique et cette décision qui nous surprend tous" souligne Julien Durand, l'un de ses confrères qui l'a assisté pendant sa garde à vue.

ECOUTER | Maitre Julien Durand, au micro de Véronique Pueyo

Lundi, "rien ne laissait présager un internement", selon Julien Durand. "Quand on commence à interner les avocats qui dérangent, ça pose question sur le système judiciaire", a-t-il ajouté au micro de France Bleu Isère.

Le bâtonnier a appelé à "être extrêmement prudent" car "il y a des éléments que nous n'avons pas". Quant au conseil de l'ordre, il se dit particulièrement vigilant sur la suite des événements car cette mesure "nuit à l'image d'un confrère".

Un avocat connu pour ses coups d'éclat

Coutumier des coups d'éclat, Bernard Ripert a déjà été condamné à trois reprises à des sanctions disciplinaires. Il avait été suspendu pendant un an en 2013 pour avoir qualifié une avocate de "roquet" et dit d'un président de cour d'assises qu'il avait "triché" et "menti".

Il fait actuellement l'objet d'une suspension provisoire dans le cadre de poursuites disciplinaires. Le procureur général et le bâtonnier ont fait appel de sa relaxe par le conseil régional de discipline dans cette affaire. La cour d'appel a fixé au 2 juin une audience sur le fond.

Avec AFP.

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