Faits divers – Justice

Les chauffeurs de bus d'Arles cessent temporairement le travail après l'agression d'un des leurs

Par Lorrain Sénéchal, France Bleu Gard Lozère, France Bleu Provence et France Bleu vendredi 22 janvier 2016 à 16:33 Mis à jour le vendredi 22 janvier 2016 à 18:37

L'agression a eu lieu dans le quartier du Trébon, au nord d'Arles
L'agression a eu lieu dans le quartier du Trébon, au nord d'Arles © Maxppp

Un chauffeur arlésien a été frappé vendredi en fin de matinée par un jeune, identifié par les caméras selon ses collègues. C'est un Marseillais qui a violemment réagi quand le conducteur lui a demandé d'acheter un ticket. Il doit passer en comparution immédiate à Tarascon.

"Ce n'est pas la première fois" s'agace David Guise, un des collègues du chauffeur d'Arles agressé vendredi en fin de matinée. Les chauffeurs ont fait valoir leur droit de retrait, les transports ont donc été interrompus entre midi et 17h.

David Guise décrit la violence de l'agression, qui a eu lieu sur la ligne 2 dans le quartier du Trébon. Le jeune, "un Marseillais connu", selon la police, faisait partie d'un groupe monté à l'arrière du bus vers 11h. 

"Le chauffeur leur a dit de monter à l'avant. Quand ils sont remontés par l'avant, il leur a dit que le ticket, c'était un euros, sans quoi ils allaient prendre une amende" (David Guise, élu CFDT chez Envia)

Non seulement les jeunes ne paient pas, mais l'un d'entre eux agresse sauvagement le chauffeur qui "s'est débattu comme il a pu". L'agression ne s'arrête pas là, raconte David Guise. 

"Le jeune a ensuite essayé de s'emparer de la caisse du bus. Mais des passagers sont intervenus pour séparer le jeune et le conducteur."

L'auteur a finalement été interpellé, placé immédiatement en garde à vue à Arles, il doit passer dans la foulée en comparution immédiate devant le tribunal correctionnel de Tarascon.

Le chauffeur lui n'a heureusement pas été grièvement blessé. Juste "une douleur au doigt". Il n'empêche, cette agression est celle de trop pour ses collègues qui ont tous cessé le travail à la mi-journée.

Seuls deux agents d'ambiance sur tout le réseau

"Nous demandons la fin du système de conducteur-vérificateur", poursuit David Guise, avant d'expliquer : 

"Certains collègues sont conducteur certains jours et vérificateur (c'est-à-dire contrôleurs, NDLR) le lendemain. Ça veut dire qu'ils peuvent mettre une amende à un gamin le lundi et retrouver le même gamin le lendemain en tant que chauffeur. Et là, il n'a plus du tout la même autorité !"

Autre demande des chauffeurs arlésiens : qu'il y ait davantage d'agents d'ambiance, ces personnes censées réduire les conflits entre usagers et personnel des transports. Il n'y en a que deux sur le réseau Envia.

Le reportage de Lorrain Sénéchal