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VIDÉO - Les confidences du procureur Eric Maillaud, deux mois après la tuerie de Saint-Just près d'Ambert

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Par , France Bleu Pays d'Auvergne, France Bleu

Bilan humain, scénario de la tuerie, profil du tueur, enquête. Deux mois après la nuit d'horreur qui a coûté la vie à trois gendarmes de la compagnie d'Ambert, le procureur clermontois revient sur ce fait divers hors-norme. Avec précision et émotion.

C'était il y a deux mois et l'Auvergne ne les oublie pas. Arno Mavel (21 ans), Rémi Dupuis (37 ans) et Cyrille Morel (45 ans) sont tombés sous les balles d'un tueur fou dans la nuit du 22 au 23 décembre dernier à Saint-Just près d'Ambert. Trois gendarmes tués, un quatrième blessé par un homme armé qui menaçait sa compagne. L'enquête n'a pas encore livré tous ses secrets, mais le procureur de la République de Clermont-Ferrand Eric Maillaud a accepté de revenir sur cette nuit dramatique pour France Bleu Pays d'Auvergne.

Monsieur le procureur, vous êtes réveillé dans la nuit du 22 au 23 décembre, vous prenez rapidement la dimension de ce qui vient de se passer ?

Effectivement on se rend compte instantanément dans cet éveil nocturne que l'on est en présence d'un drame de nature criminelle particulièrement effroyable, avec un nombre de morts, hélas, très important trois, plus un blessé qui, dieu merci, ne le sera que très légèrement. Et instantanément, l’esprit se tourne vers les familles qui sont nécessairement en deuil parce qu’informées très rapidement. 

Quelques heures se passent avant le dénouement de ce drame, l'attente semble interminable. Il y a un moment de flottement ?

C'est un moment d'attente plus qu'un moment de flottement, puisque le professionnalisme est là, mais effectivement. Des faits qui se produisent en tout début de nuit, et compte tenu de l'incendie (de la maison occupée par le tueur et sa compagne), de l'arrivée du GIGN, de la recherche d'un tueur dont on ne sait pas où il se trouve, il s'écoule de nombreuses heures jusqu'au petit matin, avant qu'on puisse découvrir son corps à moins d'un kilomètre et demi de la maison.

Le Procureur de la République de Clermont-Ferrand a décrit le profil d'un homme sur-armé, survivaliste, catholique très pratiquant sans antécédent de violence
Le Procureur de la République de Clermont-Ferrand a décrit le profil d'un homme sur-armé, survivaliste, catholique très pratiquant sans antécédent de violence © Radio France - Antoine Loistron

Après cette scène d'horreur, que vous avez qualifiée de scène de guerre, on se souvient aussi de votre conférence de presse pleine d'émotions. 

Oui, c'était effectivement complètement inhabituel, et dans ces moments qui suivent une enquête qui s'annonce compliquée, une enquête pour laquelle on n’a pas encore tous les tenants et les aboutissants, parce que l'on doit aux familles des victimes une vérité absolue notamment sur la chronologie des faits. Il est bien évident que dans ces moments-là on manque d'éléments factuels, et la première des choses qui est présentée, qui se voit, c'est bien évidemment l'émotion à l'égard de toutes ces familles de victimes dont on sait qu’elles vont souffrir le martyr pendant de nombreuses années.

Vous avez également dû gérer une affaire médiatiquement très marquante, celle de la tuerie de Chevaline lorsque vous étiez procureur en poste à Annecy. 

Ce sont des affaires extrêmement marquantes, par l'ampleur, par le nombre de morts, par les moyens en jeu, c’était encore plus important pour la tuerie de Chevaline, puisque l'enquête judiciaire est toujours en cours d'ailleurs, de nombreuses années plus tard. Cette enquête là sera sans doute un petit peu plus simple, encore qu’il faut rester prudent, on n’est qu’au début de cette enquête pour arriver à comprendre pourquoi on en arrive aujourd'hui à trois morts, et c'est en tout cas ce que l'on doit aux familles des victimes, c'est la vérité sur les faits, sur la personnalité de l'auteur, éventuellement sur les failles, est-ce que l'on aurait pu faire mieux, dans l'espoir d'éviter que cette tuerie ne se perpétue et que d'autres en tout cas ne se commettent à l’avenir.

Les trois cercueils des gendarmes sont alignés place du Pontel à Ambert
Les trois cercueils des gendarmes sont alignés place du Pontel à Ambert © Radio France - Juliette Micheneau

Vous avez un rôle de relais et de soutien aux familles de victimes, que vous recevez d'ailleurs ces derniers jours, dans ce dossier ?

Effectivement on essaie à la fois de suivre l'enquête, mais vous savez qu'elle a été confiée à un juge d'instruction sur un plan procédural, c'est lui aujourd'hui qui a pris la main, elle en l'occurrence, effectivement mon rôle à moi est plus d'être le relais entre les familles et ce magistrat instructeur. Je suis effectivement en train de les recevoir pour leur expliquer ce qui se passe sur un plan juridique et judiciaire, et aussi leur montrer que la gendarmerie est à leurs côtés mais que l’institution judiciaire l’est également.

Clermont-Ferrand : le procureur Eric Maillaud revient sur le drame de Saint-Just près d'Ambert
Clermont-Ferrand : le procureur Eric Maillaud revient sur le drame de Saint-Just près d'Ambert © Radio France - Eric Le Bihan

Le procureur de la République, Eric Maillaud, devrait tenir une conférence de presse début mars pour faire le point sur l'enquête. En attendant, France Bleu Pays d'Auvergne consacre ce lundi 22 février une partie de sa matinale aux gendarmes tombés en service. Nous sommes retournés voir les Ambertois encore meurtris par ce drame. Le chef d'escadron, Fabrice Touioui, commandant de la compagnie de gendarmerie d'Ambert, sera également notre invité à 7h45 dans une interview pleine de dignité et d'émotions.

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