Faits divers – Justice

Les contrôles contre UberPop s'intensifient à Paris

Par Emilie Defay, France Bleu Paris Région mercredi 18 février 2015 à 18:47 Mis à jour le jeudi 19 février 2015 à 6:00

Un contrôle des "Boers", la police des taxis à Paris
Un contrôle des "Boers", la police des taxis à Paris © Radio France - Faustine Calmel

Depuis le début de l'année, 112 chauffeurs UberPop ont été interpellés en région parisienne pour exercice illégal de la profession de taxi. Ces automobilistes, qui transportent des clients dans leur voiture particulière, risquent gros en théorie : jusqu'à 1 an de prison et 15.000 euros d'amende. France Bleu 107.1 a rencontré l'un d'entre eux mercredi.

La répression contre UberPop s'accélère. Depuis le mois de novembre, 143 chauffeurs ont été arrêtés en région parisienne. Le rythme des interpellations s'est particulièrement accéléré depuis le début de l'année et l'entrée en vigueur de la loi Thévenoud qui interdit UberPop. Ainsi depuis janvier, pas moins d'une centaine de chauffeurs ont été interpellés à Paris mais aussi en petite couronne et à Roissy.

Une activité illégale

Les autorités ont donc clairement lancé la machine répressive. Il s'agit d'une "activité illégale et déloyale" , pas de raison qu'on la laisse se développer explique Pierre-Henry Brandet, le porte-parole du Ministère de l'Intérieur qui brandit en outre l'argument de la sécurité. "Il faut savoir que les utilisateurs de ce service ne sont pas couverts en terme d'assurance, en cas d'accident ou de litige. Est-ce qu'il faudra un drame pour que tout le monde prenne conscience que ce n'est pas pour rien qu'on encadre strictement l'activité de ces professions?", s'interroge-t-il.

Les contrôles des "Boers", la police des taxis, se multiplient donc aux abords des gares, des aéroports et des lieux touristiques. Les chauffeurs arrêtés sont verbalisés pour exercice illégal du métier de taxi. Les dossiers sont ensuite transmis au parquet dans l'attente de poursuites judiciaires. Pour l'instant aucune peine n'a encore été prononcée. Ces automobilistes risquent gros, jusqu'à un an de prison et 15.000 euros d'amende , ainsi que la confiscation de leur véhicule.

"Uber nous dit de continuer" 

Pourtant, ce chauffeur UberPop que nous avons avons rencontré, et qui souhaite garder l'anonymat, n'est pas inquiet. *"Uber nous dit de continuer le service tant qu'il n'y pas d'autres décisions de justice"* , précise-t-il, en ajoutant qu'il reçoit régulièrement des e-mails rassurants de la part d'Uber. La société américaine, qui prélève 35% à ces particuliers sur le montant des courses, conteste le caractère illégale de son application et en appelle à la Commission européenne. Elle vient de déposer une nouvelle plainte contre la France** pour obtenir l'annulation de la loi Thévenoud, au motif qu'elle va à l'encontre du droit européen.